| AD : Archives départementales.
AN : Archives nationales.
ACHTUNG ! Attention! Chaque fois qu'un S.S.
se présentait, entrait dans un local ou en sortait, un détenu devait
crier: Achtung !, et les autres détenus s'immobiliser au garde à vous.
APPELPLATZ : Place d'appel. Dans certains
camps on la désigne sous le nom de Lagerplatz.
ARBEITSLAGER : Camp de travail. Ce terme
ne désigne pas nécessairement un camp de concentration.
ARBEITSSTATISTIK : Bureau du travail. Il
applique les plans S.S. pour l'organisation du travail, prépare les
transports, organise les nouveaux kommandos, tient à jour la liste de
tous les kommandos dépendants du camp. Son chef est le S.S. Arbeitsdienstlührer.
ARYANISER : Fait de confisquer une entreprise
ou un commerce appartenant à un Juif et de le donner ou de le
vendre à bas prix à un non-Juif ou "aryen".
Les différents États collaborateurs ont tous procédé
à l'aryanisation.
AUFSEHERIN : Surveillante S.S.
AXE : Nom donné à l'alliance
conclue en octobre 1936 entre l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste
qui posa les bases de ce que l'on appellera "l'axe Rome-Berlin".
BAULEITUNG : Direction des bâtiments. Elle
a sous son autorité tous les kommandos de travail affectés à la construction
et à l'entretien des bâtiments et installations dans le camp
et autour du camp.
BAUKOMMANOO : Kommando occupé à des travaux
de construction, d'aménagement, d'entretien du camp, pose des barbelés
canalisations, terrasse,etc. Dans certains camps il avait un caractère
disciplinaire. (Gusen.)
BIBELFORSCHER - BIBELFORSCHERIN : Scrutateur
ou scrutatrice de la bible. Secte mystique refusant le service militaire
(objecteur de conscience) considérant Hitler comme l'incarnation de
la Bête de l'Apocalypse. Les membres de la secte furent internés dans
les camps à partir de 1939. Ils portaient un triangle violet.
BLOCK : Baraque des détenus. Par extension,
l'effectif d'un block (réunir le block pour l'appel). Les baraquements
de détenus dans beaucoup de camps (Dachau, Mauthausen, Buchenwald, etc.)
mesuraient environ 50 m x 7 m. .Chacun d'eux partagé en deux ailes (Flügel)
A et B, situées de part et d'autre de l'entrée et comprenant un dortoir
(Schlafsaai), une pièce commune (Dienstraum), un poste d'eau et !es
W.C. Un autre genre de block du type" Pferdestalle ", ancien
modèle d'écurie de l'armée pour 52 chevaux, pouvait abriter jusqu'à
1200 détenus. (Auschwitz, Maidanek, petit camp à Buchenwald, etc.)
BLOCKALTESTER . BLOCKOWA : Doyen du block,
détenu responsable du block et de son effectif. Dans les camps de femmes,
Blockowa est la forme polonaise pour désigner la même fonction.
BLOCKFÜHRER : Fonction du S.S. chargé d'un
block. Le Blockaltester ou la Blockowa sont responsables devant lui.
BUNKER : Prison du camp avec ses cachots
et chambres de tortures.
BCRA : Bureau Central de Renseignements et
d'Action (militaire) de la France libre (qui deviendra France Combattante)
de De Gaulle, dirigé initialement depuis Londres par le capitaine (puis
colonel) Dewavrin (Passy). Le Bureau envoyait des agents français organiser
la Résistance au sein de la France, en alliance étroite avec la section
RF du SOE britannique qui fournissait l'argent et les armes nécessaires
provenant du War Office. Aussi bien le BCRA que la section RF furent
de farouches rivaux de l'autre section du SOE, la section F, qui envoyait
des agents britanniques en France.
Camps de concentration : Camps dans lesquels
étaient enfermés les opposants. Les camps de concentration
nazis regroupaient des opposants politiques, des détenus de droit
commun, des Juifs, des homosexuels, des prisonniers Russes. Ces camps
s'appelaient les "camps de la mort lente" car les détenus
mouraient en travaillant. Ravensbrück, Buchenwald, Dachau ou encore
Mauthausen étaient des camps de concentration.
Camps d'extermination : Camps créés
par les nazis pour tuer les déportés (en majorité
des Juifs puisque les camps d'extermination ont été mis
en place dans le cadre de la "solution finale", c'est-à-dire
l'extermination systématique des Juifs), le plus souvent dès
leur arrivée. Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor ou encore
Chelmno étaient des camps d'extermination.
COLLABORATEUR : Personne qui coopère
avec l'occupant Allemand, sans être nécessairement partisan
de toutes les idées nazies.
COLLABORATIONIST : Personne qui coopère
avec l'occupant Allemand, partage les idées des nazis et souhaite
leur victoire.
CDL : Comité Départemental de Libération.
Nommés, souvent dès l'hiver de 1943-1944, dans chaque département, ces
Comités de résistance élaborèrent la politique locale à la Libération
et conseillèrent et assistèrent les préfets de la Libération pendant
les derniers mois de la guerre.
CFLN : Comité Français de Libération Nationale.
Organe directeur de la France Combattante établi à Alger sous Giraud
et de Gaulle. À partir du printemps de 1944, de Gaulle le dirige seul.
CLL : Comité local de libération. Comités
nommés par la Résistance pour remplacer les conseils municipaux à la
Libération, jusqu'aux premières élections locales d'après-guerre en
avril-mai 1945.
CNR : Conseil National de la Résistance.
La réussite suprême des efforts de Jean Moulin pour unir la Résistance
à l'intérieur de la France sous de Gaulle. Contrairement aux MUR, il
rassemblait tous les mouvements de la Résistance dans le Sud y compris
le Front National. Son premier chef après l'arrestation de Jean Moulin
en juin 1943 fut Georges Bidault, issu de la Résistance intérieure et
qui n'était pas un envoyé de de Gaulle. Le rôle essentiel du CNR fut
de donner forme aux objectifs de la Résistance pour la France libérée.
Cela fut accompli grâce à la charte du CNR de mars 1944, à laquelle
les résistants qui souhaitaient des changements sociaux aussi bien que
politiques font référence comme à l'expression radicale et reconnue,
de la France de la Résistance. L'organisation militaire du CNR était
le Comité d'action militaire (COMAC) qui agit comme force unificatrice
pendant les luttes de la Libération.
EFFEKTENKAMMER : Magasin de l'habillement
où étaient stockés les vêtements, objets personnels, valeurs,
etc., soustraits aux détenus dès leur arrivée. Il fournissait les tenues
rayées, etc.
EINSATZGRUPPEN : (mot allemand: groupes d'intervention)
Ce sont de petites unités mobiles formées de policiers
Allemands chargés d'exécuter les "ennemis" des
nazis, c'est-à-dire principalement les Juifs et les communistes,
dans les territoires conquis lors de l'invasion de l'URSS en 1941.
EPURATION : A la Libération, actions
visant à écarter de la vie politique et sociale les personnes
accusées de collaboration. C'est en France que l'épuration
a été la plus forte. On distingue deux types d'épuration
: une épuration "sauvage" (de 7 500 à plus de
10 000 morts) et une épuration "légale" (passage
devant les tribunaux). On prononça 120 000 condamnations et environ
1 500 exécutions. Les femmes qui avaient collaboré étaient
rasées.
ERZATZ : Produit de remplacement, souvent
de médiocre qualité et fabriqué industriellement
(exemples : textiles synthétiques, caoutchouc artificiel,...
).
ESPACE VITAL : (Lebensraum en Allemand) Ce
terme désigne, d'après l'idéologie nazie, les territoires
nécessaires à l'établissement du peuple Allemand.
Ces territoires doivent en majorité être conquis sur les
populations slaves de l'Est.
FÜNF UND ZWANZIG : Vingt-cinq... coups sur
les fesses. Il suffisait d'énoncer le chiffre pour comprendre de quoi
il s'agissait.
FFI : Forces françaises de l'intérieur.
Fusion officielle, et d'abord théorique, de toute la Résistance armée
en une seule organisation militaire placée sous les ordres du général
Koenig qui avait commandé les Français Libres contre Rommel dans la
victoire de Bir Hakeim en juin 1942. Les FFI datent de la fin de 1943,
mais les chefs régionaux et départementaux des FFI ne furent mis en
place qu'au printemps de 1944. Dans certaines régions du Sud la fusion
pratique et stratégique des groupes francs, des maquis, et des forces
de FTP ne se produisit pas avant juillet, voire août. Même alors, les
unités de la base conservèrent beaucoup de leur individualité dans la
direction et l'approche tactique. Montgomery et Eisenhower ont déclaré
que les FFI avaient pour les Alliés la valeur de dix à quinze divisions
dans la libération de la France.
FN : Front National : Mouvement de
la Résistance fondé par le Parti Communiste Français en 1941, qui opérait
dans les deux zones et était ouvert à tous les volontaires, communistes
ou non. En 1944, plusieurs non-communistes étaient membres de ses comités
directeurs. II s'agissait d'un mouvement à la fois militaire et politique,
avec pour forces militaires principales les FTP, et qui reposait sur
l'idée d'une action immédiate et directe, dont des attaques contre le
personnel allemand individuel. Ses liens organisationnels avec le Parti
communiste continuèrent après la Libération.
FTP(F) : Francs-Tireurs et Partisans (français).
Forces armées du FN, ouvertes, comme le mouvement lui-même, à tous les
volontaires, et également identifiées avec le Parti Communiste, même
si la force de cette identification varie considérablement d'une unité
à une autre. Le chef national était Charles Tillon, et chaque unité
de FTP, urbaine ou rurale, avait une structure de commandement tripartite
: un commissaire aux affaires militaires, à la tête de toute action,
un commissaire aux effectifs responsable du recrutement, des affaires
politiques et des relations extérieures du groupe, et un commissaire
technique responsable de tout l'approvisionnement, y compris les armes
et le ravitaillement. La chaîne de commandement militaire des FTP articulait
les chefs régionaux et départementaux. En 1944, chaque région avait
ses propres bataillons de FTP, chacun regroupant plusieurs compagnies.
L'unité de base, à son meilleur niveau d'organisation pendant l'été
de 1944, était un détachement de vingt-huit hommes divisé en trois groupes
de huit, trois commissaires et un agent de liaison. C'était là plutôt
un modèle qu'une réalité universelle, et les unités locales de FTP variaient
considérablement en nombre après l'afflux de volontaires en juin 1944.
Certaines avaient leur propre corps franc chargé de missions spéciales
et toutes établissaient une distinction entre ceux qui étaient plus
ou moins mobilisés en permanence loin de chez eux et les sédentaires
ou statiques, qui opéraient depuis leurs foyers et lieux de travail,
assurant ravitaillement et soutien, et formant des troupes de réserve.
F.U.J.P : Front Uni des Jeunesses Patriotiques
ou Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Établie à l'automne
de 1943 afin de mobiliser les jeunes pour le soutien des groupes de
maquis et des FTP, l'organisation est née d'une initiative des MUR,
mais acquiert dans la plupart des régions son propre caractère indépendant
et spontané. Beaucoup de ses membres sont de très jeunes gens, qui rejoignent
par la suite le maquis ou composent les milices patriotiques à la Libération.
Des tracts encourageant à la résistance au STO sont distribués par des
groupes du FUJP dans la plupart des villes du Sud. Ils organisent des
raids pour s'emparer des dossiers du STO.
GAULEITER : Responsable politique et administratif
d'une région dans l'organisation de l'Allemagne nazie.
GÉNOCIDE : (du grec génos "race"
et du suffixe cide "tuer") Assassinat en masse d'un peuple
pour tenter de l'anéantir. Ce terme désigne la "solution
finale" qui visa à l'extermination de tous les Juifs d'Europe.
GESTAPO : (Geheime Staats polizei: police
secrète d'État) Police politique nazie organisée
dans les années 1930, sous l'autorité de Himmler et de
Heydrich et également active dans l'Europe occupée. La
gestapo traquait notamment les Juifs et les résistants. Cette
police ne dépendait pas de l'État mais du Parti nazi.
GHETTO : A l'origine nom d'un quartier de
Venise où les Juifs de la ville étaient obligés
de résider, et où ils étaient enfermés la
nuit. Au XIX et XX e siècles nom du quartier Juif dans les villes
de l'Europe de l'Est. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, quartiers
dans lesquels les nazis enfermaient les Juifs dans des conditions de
promiscuité, de sous-alimentation et d'hygiène épouvantables,
en attendant de les déporter vers les camps de concentration
ou d'extermination.
GF : Groupes Francs. Formés comme
unités d'action au sein de Combat dès 1941, ils deviennent les formations
militaires principales de l'AS avant les maquis, puis fonctionnent parallèlement
à eux. Dans certaines régions comme les Bouches-du-Rhône, ils constituent
les forces militaires principales de la Résistance jusqu'à la Libération,
opérant depuis leurs foyers par des actes de sabotage, de harcèlement
de l'ennemi, et pour finir par des affrontements militaires directs.
Comme le maquis de l'AS, les groupes francs reçoivent des armes et des
munitions dont le parachutage est organisé directement par des agents
britanniques ou français agissant individuellement, ou par le Service
Atterrissage Parachutage (SAP), qui coordonne la reconnaissance de terrains
d'atterrissage possibles et organise leur codage avec le BCRA et le
SOE.
G.M.R. : Groupes Mobiles de Réserve.
Police paramilitaire de Vichy organisée en brigades régionales dont
la fonction principale devient la chasse au maquis.
GPRF : Gouvernement Provisoire de la République
Française. Dérivé du CFLN et dirigé par le général de Gaulle, il
s'établit à Paris à la Libération et continue la guerre contre l'Allemagne.
Son succès, et le droit reconnu à de Gaulle de représenter la nation
française, est symbolisé par la présence de la France à la signature
de la reddition allemande.
GUMMI
: Matraque caoutchoutée ou gourdin que les S.S. et les kapos
portaient en permanence pour frapper, administrer la schlague.
HAFTLING
: Détenu.
KANINCHEN
: Lapin domestique, pris dans le sens de cobaye. Désignait, à
Ravensbrück notamment, les détenues sur lesquelles les S.S. pratiquaient
des expériences.
KAPO : Détenu responsable d'un kommando de
travail ou qui dirige un service, par exemple : le Kapo du Baukommando,
le Kapo de l'Effektenkammer. Il y eut dans certains camps des "Oberkapo"
(grand Kapo) (Dora, Gusen). Choisis le plus souvent parmi les détenus
de droit commun (verts) ils étaient, à de rares exceptions près, des
auxiliaires zélés des S.S. se livrant aux pires sévices et brutalités.
L'origine du mot kapo provient, dans le style de l'humour nazi, de la
contraction des mots "KAmaraden POlitzei ".
KOMMANDO : Désigne une équipe de travail
ou un service du camp. Kommando extérieur : un camp annexe dépendant
d'un grand camp se subdivisant lui aussi en divers kommandos de travail.
K.Z. ou K.L.L : l'une et l'autre de ces abréviations
viennent du mot "Konzentrationslager" (camp de concentration).
K.Z. semble avoir été plus usité dans les débuts et KL, suivi de la
première lettre du camp, plus officiel par la suite. Exemples : KLM
: Mauthausen ; KLB : Buchenwald ; KLA : Auschwitz, etc
LAGERFÜHRER : Officier subalterne ou sous-officier
S.S. exerçant la fonction de chef de camp. Dans les kommandos extérieurs
il est le gradé le plus élevé ; dans les grands camps c'est une sorte
d'adjudant de quartier. Ne pas confondre avec le Lagerkommandant qui
est son supérieur. Le suffixe "altester" qui signifie littéralement
"le doyen d'âge" n'est qu'une formule vide de sens. Ce n'était
pratiquement jamais le plus âgé.
LAGERKOMMANDANT : Pour les grands camps dont
dépendent de nombreux kommandos : c'est un officier supérieur. Il commande
l'ensemble, tel un colonel son régiment. Le grade varie selon l'importance
du camp. Si Hoess à Auschwitz est colonel (Obersturmbannführer), à Bergen-Belsen
Kramer est capitaine (Hauptsturm-führer).
LAGERPOLIZEI . LAGERSCHUTZ : Police du camp
ou garde du camp, désigne aussi les détenus affectés à cette police
ou à cette garde.
LAGERSTRASSE : Rue centrale du camp.
LAGERALTESTER : Doyen du camp. Détenu ayant
la responsabilité de la gestion interne du camp. Il est placé sous l'autorité
directe du Lagerführer.
LAUSKONTROLLE : Contrôle des poux.
LUFTWAFFE : (mot allemand : armée
de l'air) Terme désignant les forces aériennes Allemandes.
MILICE : Organisation paramilitaire fondée
par Joseph Darnand en 1943. La milice pourchasse et combat les résistants,
les Juifs et les réfractaires du STO, en collaboration avec les
troupes Allemandes.
MISKA : Gamelle. Terme russe employé dans
la plupart des camps par les détenus de toutes nationalités. En allemand
: Schüssel.
MOI : Main-d'uvre Immigrée.
Organisation d'avant-guerre établie par le PCF pour défendre les droits
des travailleurs immigrés en France. Elle subsiste comme force au sein
des camps de travail installés par Vichy et dans les chantiers ruraux
qui emploient de très nombreux travailleurs du Travail Etranger (TE).
En collaboration avec les chefs locaux de la Résistance, elle crée des
maquis et des unités de FTP quand ses travailleurs sont menacés d'arrestation
ou de déportation.
MUR : Mouvements Unis de la Résistance.
L'organisation unifiée de la Résistance composée de trois mouvements
de la zone sud, Combat, Libération (Sud) et Franc-Tireur. Les MUR datent
de janvier 1943 et sont l'un des produits des missions unificatrices
de Jean Moulin en France comme envoyé de de Gaulle. On avait espéré
qu'ils incluraient le Front National et les FTP, mais cette fusion ne
fut accomplie qu'au sein du CNR, et finalement dans les FFI.
MUSULMAN : Détenu parvenu au dernier degré
de l'épuisement, à bout de force, hagard.
NACHKELL- NACHSCHLAG : Supplément de soupe,
rabiot.
NACHTSCHICHT : Ceux qui travaillent dans
les équipes de nuit.
NACHTUND NEBEL : (N.N.) Nuit et Brouillard.
Expression que les dirigeants nazis utilisèrent pour désigner une catégorie
de déportés qui devaient disparaître sans laisser de traces. Cette
expression aurait été tirée par Himmler du livret de l'Or du Rhin, opéra
de Richard Wagner, dans une réplique de Fafner ordonnant aux nains de
disparaître : Seid Nacht und Nebel Gleich ! (Soyez semblables
à la nuit et au brouillard) c'est-à-dire : disparaissez. Le 7 décembre
1941, le décret "Nuit et Brouillard" fut porté à la connaissance
de tous les services S.S. et de la Wermacht, sous la forme d'un "document
secret du commandement" pour les pays de l'Ouest. L'application
entre aussitôt en vigueur sur instruction du Feldmarschall Keitel en
date du 12 décembre 1941.
NAP : Noyautage des Administrations Publiques.
Branche de Combat en 1942 qui vise à infiltrer et déstabiliser les secteurs
publics administratifs, elle se développe au sein des MUR et devient
une source puissante d'activité de la Résistance, en particulier dans
les services postaux et téléphoniques et les chemins de fer.
N.S.D.A.P. : National Sozialistiche Deutsch-
land Arbeit Partei. (Parti National-Soclaliste Allemand du Travail)
Sigle du parti nazi.
ORGANISER - ORGANISIERENL : l'expression
la plus populaire du jargon concentrationnaire, qui peut se traduire
par : pratiquer le système D. En fait, signifie chaparder, voler.
POLITISCHE ABTEILUNG : Section politique
du camp. Là se trouvent les fichiers et dossiers des détenus
à partir des éléments fournis par la Gestapo. Lors des arrivées,
elle établit les cartes d'Haltling avec mensurations, photos, empreintes,
etc. Elle poursuit des interrogatoires, tortures, exécute à l'occasion.
ORA : Organisation de Résistance de l'Armée.
Extension de la Résistance déjà commencée dans l'armée de l'armistice,
mais efficacement relancée après la dissolution de cette dernière qui
suit l'occupation allemande de la zone sud. Elle reposait sur une structure
militaire professionnelle, avec des officiers de carrière à sa tête,
et elle se tourna tout d'abord vers Giraud comme chef de la Résistance
plutôt que vers de Gaulle. Son objectif était l'entraînement et la préparation
pour le jour J, sans engagement politique, et ses formations de maquis
pendant la période de la Libération étaient indépendantes de l'AS et
des FTP, même si elles faisaient officiellement partie des FFI. Avant
le 6 juin 1944, l'ORA prenait des contacts et distribuait des armes,
mais ce ne fut qu'avec les ordres de mobilisation pour le jour J que
les maquis de l'ORA furent solidement établis. La région de Toulouse
(R4) vit alors le rassemblement de près de 3 000 hommes armés regroupés
en petites unités dirigées par des officiers de carrière. Dans la région
de Marseille (R2) on estimait leur nombre à 2000. Il y avait des groupements
de l'ORA. dans toutes les autres régions du Sud, et leur nombre crût,
comme celui de toutes les autres organisations de combat en juillet
et en août. Ils jouèrent un rôle considérable dans les affrontements
militaires de la Libération.
OSS : Office of Strategic Services.
Services secrets américains qui envoient des agents en France, mais
très inférieurs en nombre à ceux du SOE. Beaucoup arrivèrent après le
jour J dans les missions Jedburgh composées d'équipes en uniforme de
Britanniques, de Français et d'Américains formés aux tactiques de guérilla
qui apportèrent armement et commandement à la Résistance française locale,
en particulier dans l'ouest de la zone sud.
OT : Organisation Todt. Organisation
allemande construisant des fortifications en France en particulier sur
les côtes. Elle portait le nom de l'ingénieur allemand Todt qui avait
acquis sa réputation dans la construction d'autoroutes, et elle enrôla
des milliers de travailleurs français et immigrés, souvent en rivalité
avec les efforts allemands et vichystes pour envoyer le plus de travailleurs
possible en Allemagne dans le cadre du STO.
PCF : Parti communiste français.
PPF : Parti Populaire Français, parti
d'avant-guerre de Jacques Doriot. Etroitement associé à la collaboration,
notamment au recrutement de la Légion des Volontaires Français contre
le bolchevisme (LVF) qui combattit sur le front russe du côté allemand.
RI, R2, R3, etc. : Les douze régions militaires
de la France de la Résistance, dont six se trouvent dans la zone sud,
à savoir les régions de Lyon (RI), de Marseille (R2), de Montpellier
(R3), de Toulouse (R4), de Limoges (R5) et de Clermont-Ferrand (R6).
Dans l'organisation du SNM et des FFI, les chefs militaires régionaux
exercent sur les unités combattantes sur le terrain d'une étendue extrêmement
variée, des pouvoirs de coordination et de contrôle. La difficulté à
maintenir un contact régulier et à répondre aux mouvements imprévisibles
de Vichy et des Allemands a pour conséquence que de nombreuses décisions
essentielles sont prises par les chefs locaux des maquis. Des estimations
régionales du nombre d' hommes et de l'efficacité matérielle de ces
unités sont souvent largement erronées, et les historiens répugnent
à avancer des chiffres précis pour les forces régionales de la Résistance
armée.
Rafle du Vel' d'Hiv' : Les 16 et 17 juillet
1942, à la demande des autorités d'occupation, 12 352
Juifs sont arrêtés par 4 500 policiers parisiens. Enfants,
hommes et femmes de tous âges sont d'abord regroupés au
Vélodrome d'Hiver, dans le XVe arrondissement de Paris,
puis détenus dans les camps de Drancy, Pithiviers et Beaune-La-Rolande,
avant d'être déportés et gazés à Auschwitz.
RESISTANCE - FER : secteur d'opérations de
sabotage hautement efficace organisé parmi les employés des chemins
de fer. Il a sa propre organisation au sein des MUR, mais tous les corps
de la Résistance - les FTP, le maquis, le SOE, les Groupes Francs, AO,
etc.- travaillent en étroite collaboration avec les saboteurs des réseaux
ferroviaires et les réseaux de renseignements de la SNCF.
SCT : Service du Contrôle Technique.
Service de censure postale et d'écoute téléphonique de Vichy, qui intercepte
des milliers de lettres chaque semaine dans tous les départements, et
en tire des témoignages sur des sujets désignés par Vichy comme les
domaines les plus importants et les plus dangereux de la politique et
de l'opinion publique. La majorité des lettres étaient ensuite envoyées
à leur destinataire comme si elles n'avaient pas été ouvertes, et les
rapports et conclusions des interceptions étaient adressés au préfet
et au ministre de l'Intérieur . Le système se transformera en opération
de surveillance politique et fut soumis à un contrôle de plus en plus
direct de Vichy.
SNM : Service national maquis. Organisation
fondée par les MUR en avril 1943 afin de promouvoir et de coordonner
la création des maquis comme forme de résistance séparée de l'AS. Son
chef était Michel Brault.
SOE : Special Operations Executive.
Organisation britannique secrète fondée pour mener la guerre contre
l'Allemagne en Europe occupée. La section F dirigée par le major (puis
colonel) Maurice Buckmaster en était le corps principal. Elle a envoyé
des agents britanniques en France, a établi près d'une centaine de réseaux
indépendants en recrutant des résistants français sur le terrain. Il
existait une section RF, moins importante, qui opérait aussi en France
avec des agents français et coopérait de plus près avec le BCRA gaulliste.
SS : Schutzstaffeln. D'abord escadrons de
protection de Hitler reconnaissables à leurs chemises noires, organisés
par Heinrich en 1923 : la SS a 280 membres en 1929 et 50.000
à la veille de la prise du pouvoir en 1933. Sa puissance grandit d'année
en année. Après l'élimination des S.A., Himmler et ses S.S. s'emparent
de toutes les polices et des camps de concentration. En 1936 la S.S.
a 210.000 hommes et ses formations "Totenkopf " (Tête
de mort) sont plus spécialement chargées de la direction des camps.
Ce n'est qu'après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale qu'apparaît
la "Waffen-S.S". Elle comptera jusqu'à 40 divisions
chargées des tâches les plus criminelles. Ils constituent plusieurs
divisions blindées en France et sont les plus déterminés dans leur lutte
contre le maquis. Le tribunal de Nuremberg dénonça à juste titre la
S.S. comme association de malfaiteurs.
S.S. (grades) : Au sommet, on trouve
Himmler, Reichsführer .S.S. ; Obersführer, Obergruppenführer, Brigadeführer
(généraux) ; Standartentührer (colonel) ; Obrsturmbann-führer (lieutenant-colonel)
; 5turmbannfuhrer (commandant) ; Hauptsturmführer (capitaine) ; Obersturmführer
(lieutenant) ; Untersturmführer (sous-Iieutenant ; Sturmschartührer
(adjudant-chef) ; Hauptscharführer (adjudant) ; Oberschartührer (caporal-chef)
; Rottenführer (caporal).
S.S. (fonctions) : Il ne faut pas confondre
grades et fonctions. Lagerkommandant, Lagerführer, Rapportführer, Blockführer,
Kommandoführer, Arbeitsdiensfführer, Arbeitsführer, etc., sont des fonctions
exercées par des S.S. de tous grades. Exemple: le Lagerkommandant du
K.Z. Mauthausen est le S.S. Standartenführer Ziereis, tandis que l'Arbeitsführer
de la carrière est le S.S. Hauptschartührer Spatzeneger.
Chaque S.S. était " führer " de quelque chose, plutôt deux
fois qu'une. Les rescapés de Buchenwald se souviennent du S.S. dit "Pied
de vigne" : son grade, Rottenführer, le conduisait à exercer selon
les jours et les heures, les fonctions de Arbeits-führer, de Blockführer
ou de Rapportführer...
SSR : Service de Santé de la Résistance,
constitué au niveau national et local au sein des MUR à partir de
1943.
STO : Service du Travail Obligatoire.
Plan qui succède à celui de la relève. Destiné à satisfaire les
exigences de Sauckel concernant la main-d'uvre à envoyer en Allemagne,
il est institué le 6 février 1943 et est obligatoire pour la plupart
des jeunes Français âgés de 20 à 23 ans. Il se complique ensuite de
nombreux raffinements, d'extensions et d'un système d'exemptions, tandis
que Sauckel ne cesse d'exiger des effectifs toujours plus nombreux.
Après une interruption des départs pour l'Allemagne dans les derniers
mois de 1943, tout le processus du STO est finalement suspendu par Laval
le 23 juin 1944. Les Allemands, qui subissaient, avaient cessé d'insister
sur son application.
TE : Travail Etranger. Organisation
de Vichy des travailleurs immigrés en camps et en chantiers, surtout
dans l'industrie forestière et dans l'agriculture.
UFF : Union des Femmes Françaises.
Mouvement de la Résistance des femmes à base large fondé au milieu de
l'année 1944, poursuivant le travail des "comités féminins"
et comme eux étroitement lié à la Résistance communiste. À la Libération,
de nombreuses femmes deviennent membres des CDL ou des CLL comme déléguées
de l'UFF.
V1 et V2 : (en Allemand Vergeltungswaffe
: arme de représailles) Le V1 est une bombe volante à
réaction (500 Kg d'explosifs, 250 Km de portée), peu précise,
lancée par les Allemands sur l'Angleterre à partir de
juin 1944. Le V2 est une fusée très puissante (1 tonne
d'explosifs, 350 Km de portée) mise au point par l'ingénieur
von Braun et son équipe. Plus rapides que le son les V2 sont
indétectables et sont lancés sur l'Angleterre à
partir de septembre 1944.
Wehrmacht: (mot allemand : puissance de défense)
Ce terme désigne, à partir de 1935, l'ensemble de l'armée
de terre Allemande.
W.V.H.A. : Wirtschafts Verwaltungshauptamt
der S.S. (Office prlncipal de l'Administration et de l'Economie
des S.S.). Cet organisme prend une importance considérable â partir
de l'ordonnance du 30 avril 1942 qui change l'orientation des camps
dont la fonction économique est mise au premier plan. Dès lors les camps
ne dépendront plus de R.5.H.A. de Heydrich ou de son successeur Kaltenbrunner
mais du chef du W.V.H.A. dirigé par le S.S. Obergruppenfûhrer Oswald
Pohl.
Le W.V.H.A. se divisait lui-même en services dont le plus Important
est l'Amstgruppe D (servIce D), placé sous la direction du S.S. Brigadeführer
Glüks.
Ce service disposait de pouvoirs exorbitants pour tout ce qui concernait
les camps. Eichemann, par exemple, agissait au nom du Service D

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