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Les camps du Sud-ouest de la France

Monique-Lise COHEN et Eric MALO

 

LES CAMPS DU SUD-OUEST DE LA FRANCE
1939 - 1944

 

Editions Privat
1994 - 240 pages

 


Table des matières

Message de André Méric, secrétaire d'État aux Anciens combattants et Victimes de guerre . . . . . 9
Introduction, par Monique-Lise Cohen et Eric Malo . . . . . . . 13

Première partie : DE L'EXCLUSION À L'INTERNEMENT
- Introduction, par Eric Malo . . . . . . . 18
- 1. Vichy et l'exclusion : un miroir impitoyable, par Pierre Laborie . . . . . . . 19
- 2. Les réfugiés républicains espagnols dans le sud-ouest de la France, par Lilian Pouységur . . . 25
- 3. Le camp des réfugiés espagnols de Septfonds {1939-1940), par Jean-Claude Fau . . . . . . . 35
- 4. Le camp du Vernet-d'Ariège, par Claude Delpla . . . . . . . 43
- 5. Blanche-Neige à Rieucros ou l'art de créer derrière les fils de fer barbelés, par Mechtild Gilzmer . . . . . . . 64
- 6. Les camps d'internement du Tarn : Saint-Sulpice et Brens, par Diana Fabre . . . . . . . 71
- 7. L'île de Noé {souvenirs de 1941 ), par Gret Amoldsen . . . . . . . 81
- 8. La déportation et l'internement au camp de Gurs des 6538 juifs allemands originaires du pays de Bade et du Palatinat { 1940-1943 ), par Claude Laharie . . . . . . . 97

Deuxième partie : DE L'INTERNEMENT À LA DÉPORTATION
- Introduction, par Eric Malo . . . . . . . 120
- 9. La vie des juifs du Midi toulousain pendant la Seconde Guerre mondiale, par Jean Estèbe . . . . . . 121
- 10. La livraison par Vichy des juifs de zone libre dans les plans SS de déportation des juifs de France, par Serge Klarsfeld . . . . . . 133
- 11. Aide et soutien aux internés juifs des camps d'internement français , par Anne Grynberg . . . . . . 155
- 12. Les déportations de l'été 1942, par Gérard Gobitz . . . . . . 173
- 13. Le terrible été 1942 : arrestations et déportations massives des internés de Gurs, par René S. Kapel . . . . . . 181
- 14. Le camp-hôpital de Noé, antichambre d'Auschwitz (août-septembre 1942), par Eric Malo . . . . . . 193
- 15. Les camps GTE de Casseneuil et de Tombebouc, par René Montaut . . . . . . 207
- 16. Comment les pourvoyeurs des camps ont-ils, à Bordeaux, échappé à l'épuration ? par Michel Slitinsky
- 17. L'épuration administrative dans la région toulousaine (1944-1945 ), par Eric Malo . . . . . . 217
- Conclusion, par Monique-Lise Cohen, Eric Malo et Lucien Mandeville . . . . . . 223

  Bibliographie . . . . . . 225
  Chronologie succincte . . . . . . 231
  Index . . . . . . 233
  Table des hors-texte . . . . . . 239



Message de Monsieur André Méric
 

Secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants
et des Victimes de guerre *

  * Message envoyé pour le colloque sur les camps d'internement du midi de la France - 1939- 1944 -, lu par Mademoiselle Colette Tonneau, directeur interdépartemental des Anciens combattants et victimes de guerre à Toulouse, le 24 avril 1990 qui l'introduisit ainsi :
    « Monsieur André Méric, secrétaire d'État chargé des Anciens combattants et des Victimes de guerre, avait bien volontiers accepté de parrainer le colloque sur les camps d'internement du midi de la France de 1939 à 1944.    Cependant, appelé à représenter la France aux cérémonies commémorant en Turquie le 75e anniversaire des combats des Dardanelles, il m'a demandé de vous exprimer ses regrets de ne pouvoir être des vôtres aujourd'hui et de lire devant vous le message qu'il tient à associer à votre séance inaugurale. »

   La tragédie des victimes des camps d'internement du midi de la France méritait d'être davantage connue. Avec l'exposition qui lui est consacrée à la bibliothèque Saint-Cyprien depuis le 28 mars, avec les nombreuses communications qui vont être faites à l'occasion de ce colloque, avec les moyens audio-visuels mis en œuvre, une belle et grande tâche s'accomplit.
   J'y suis moi-même particulièrement sensible pour avoir subi personnellement l'épreuve des camps. Je me félicite de l'initiative de ce colloque qui vient apporter un éclairage neuf sur une période sombre de notre passé et en même temps compléter nos connaissances sur un système dont le caractère monstrueux n'est plus à démontrer.
   Il ne m'appartient pas de peser sur vos exposés, vos discussions et vos débats. Mais je voudrais insister sur le fait que le seul crime de ceux qui connurent le drame des camps de la mort lente avait nom religion, race, langue ou opinion différente et que la plupart de ceux qui arrivèrent au terme d'un long voyage au bout de l'enfer connurent une mort atroce et barbare.

   Celles et ceux qui interviennent aujourd'hui, mais aussi demain, savent faire parler la raison en historiens qu'ils sont, mais encore leur cœur en sollicitant leurs souvenirs d'une époque qui les a marqués dans leur chair.
   Il faut souhaiter que des initiatives de cette nature se multiplient parce qu'elles font avancer notre savoir sur le passé et qu'elles ont le mérite de rapprocher ceux qui ont vécu ces événements tragiques et ceux qui, par leur métier et leur choix, ont à relater les faits d'hier.
   Avec la menace du temps qui passe, nous vient la conscience de notre devoir de témoigner, non pas pour soi, mais pour tous les autres, dans le souci que l'histoire ne soit ni trahie, ni altérée.
   Les périls de l'heure que sont le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie rendent plus nécessaire encore que notre nation, notre peuple, n'ignore rien de ce qui fit la trame de son passé, de ce qui fit sa faiblesse comme sa force, sa diversité comme son unité.
   Prenons garde, dans l'ardeur des débats, d'oublier que cette période fut aussi, pourquoi ne pas le dire, une guerre civile entre les tenants de la liberté et ceux qui étaient avides de tordre le cou à la République et d'instaurer, pour le déshonneur de la France, heureusement lavé dans le sang des martyrs, une politique raciale indigne de notre passé de patrie des droits de l'homme.
   Nous savons bien - hélas ! - qu'il s'est trouvé parmi nous des complices des nazis et des assassins. C'était le temps des camps d'internement et de déportation. C'était le temps des otages désignés aux bourreaux nazis, dans la frénésie des mesures anti-juives.
   Il ne faut pas que ce colloque, et je sais que tous ici vous en êtes conscients, soit seulement l'occasion d'une exposition historique, si solennelle et si émouvante soit-elle. Il faut aussi qu'il nous amène à nous interroger sans complaisance sur la chaîne des événements qui a abouti à cette tragédie dont l'origine remonte à la prise de pouvoir par Hitler et à l'affirmation d'abord triomphante de son idéologie raciste.

   La mémoire de ces camps, c'est un combat pour l'homme et pour ses droits imprescriptibles. Il est toujours à craindre qu'une idéologie totalitaire et raciste puisse, comme le phénix, si nous oublions le danger, renaître de ses cendres. La lutte n'est pas terminée et nous nous devons de dénoncer avec force ceux qui, malgré le jugement de l'histoire, tentent, ici et là, de ressusciter et de réhabiliter le nazisme.
   Ces journées, grâce à vous tous, seront une contribution essentielle à nos efforts communs pour exorciser les démons. N'est-il pas beau que vous soyez de ceux pour qui le droit de parler est d'abord un devoir, un devoir de fidélité et d'espérance dans l'avenir ? Les ennemis de la liberté savent bien que vos débats confortent les valeurs mêmes qu'ils voudraient détruire.
   Merci à vous tous qui avez accepté de participer à cet effort commun de réflexion. Je souhaite à vos travaux le meilleur succès.
 
   
Décédé le 14 août 1993, jour même de ses quatre vingts ans, André Méric avait été élu pour la première fois sénateur de la Haute-Garonne en 1948. Constamment réélu jusqu'à son entrée dans le gouvernement de Michel Rocard, en juin 1988, comme secrétaire d'État chargé des anciens combattants et des victimes de guerre, il avait été vice-président du conseil de la République puis du Sénat de 1956 à 1980. À ce titre, il avait été président du Sénat par intérim, en 1969, pendant le bref passage d'Alain Poher à l'Élysée.
   Conseiller général de Nailloux de 1945 à 1988, maire de Calmont depuis 1955, M. Méric a présidé le groupe socialiste du Sénat de 1980 à 1988.
   Déporté pendant la seconde guerre mondiale au camp de Rawa-Ruska, en Prusse orientale, André Méric était titulaire de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la médaille des évadés.
 

Colloque


LES CAMPS D'INTERNEMENT DU MIDI DE LA FRANCE (1939-1944)


    (Toulouse, 24 et 25 avril 1990), sous le patronage du ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre, présidé par Mlle Colette Tonneau, directeur interdépartemental des Anciens combattants et Victimes de guerre, avec le soutien
de la mairie de Toulouse,
de la Bibliothèque municipale de Toulouse,
du Conseil général de l'Aude,
du Conseil général de l'Ariège,
des Archives départementales de la Haute-Garonne,
de l'Agence juive de Toulouse,
du C.R.I.F. (Conseil représentatif des institutions juives de France) Midi-Pyrénées,
du Conseil régional des Clubs UNESCO Midi-Pyrénées,
de l'Association des Amis de la bibliothèque municipale de Toulouse,
du Centre interdisciplinaire de recherches et d'études juives (CIREJ-CNRS),
 
Colloque organisé par un collectif de chercheurs :

. Eric MALO, membre du CIREJ (CNRS) agrégé d'histoire (détaché à l'UTM),
. Monique-Lise COHEN, bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de Toulouse, correspondante de l'UPR Nouvelle Gallia-judaïca (CNRS),
. Annie CHARNA Y, conservateur aux Archives départementales de la Haute-Garonne,
. Lucien MANDEVILLE, maître de conférence à l'IEP (Toulouse), directeur du CERSA (Centre d'étude et de recherches sur l'armée),
. Thierry ARLANDIS, conseiller culturel à la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, docteur en histoire.


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