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Drancy et déportation

Maurice Rajsfus
 

DRANCY
un camp de concentration très ordinaire
(1941-1944)

 

Editions MANYA
Paris - 1991 - 414 pages

 

Table des Matières


Avertissement . . . . . . . 13
La France, terre de camps de concentration. . . . . . . 19

  I - LES PREMIERS MOIS À DRANCY
I. La rafle . . . . . . . 31
II. La mise en condition . . . . . . . 35
III. L'organisation de la misère . . . . . . . 46

  II - LE ROYAUME DE PANDORE
l. Les forces de l'ordre françaises à Drancy . . . . . . . . 81
II. Les gendarmes . . . . . . . 83
III. La préfecture de police . . . . . . . 104 IV. La police aux questions juives. . . . . . . . 129

  III - DRANCY CAMP DE TRANSIT
I. L'antichambre d'Auschwitz . . . . . . . 143
II. La constitution des convois de déportation. . . . . . . . 154
III. L'état sanitaire du camp . . . . . . . 170 IV. La première administration juive du camp. . . . . . 180
V. Les M.S . . . . . . . 194
VI. Procès à Compiègne (et à Drancy) . . . . . . . 201
VII. Les «Amis des Juifs» . . . . . . . 207

  IV - DRANCY SOUS BRUNNER
I. Les SS à l'ouvrage . . . . . . . 215
Il. Les 135 jours du lieutenant-colonel Blum. . . . . . . . 234
III. La dernière année . . . . . . . 276
IV. Drancy et l'UGIF . . . . . . . 291
V. Les évasions . . . . . . . 312
VI. Les annexes du camp de Drancy . . . . . . . 333
VII. La libération du camp 354

  V - CINQUANTE ANS APRÈS
I. Que savait-on à Drancy? . . . . . . . 369
Il. Un camp de concentration très ordinaire . . . . . . . 390
  Postface . . . . . . . 403

Avertissement


  Dès le début de notre enquête sur le camp de Drancy, une interrogation s'est immédiatement posée : convenait-il de citer les noms des internés qui ont partagé les responsabilités de la gestion du camp avec la police française puis avec les SS ? A cette question, une réponse simple : même si la situation était particulière, ces hommes avaient pris leur décision en connaissance de cause. D'une façon ou d'une autre, ils étaient devenus des hommes publics. De plus les noms des principaux « cadres » juifs du camp apparaissent dans les archives et il nous aurait paru anormal de les gommer pudiquement. Peut-on dire que certaines circonstances façonnent les individus ? C'est souvent le cas en situation troublée. Bien entendu, le terrain est toujours plus fertile chez ceux qui s'estiment aptes à devenir les tuteurs de leurs contemporains. Cela se vérifie aussi bien dans la vie de la Cité que dans l'univers carcéral constitué par un camp de concentration. L'histoire de Drancy a surtout été écrite par les rescapés eux-mêmes. De leur côté, les policiers et gendarmes français, tout comme les SS, ont laissé suffisamment d'archives qui recoupent parfaitement les différents récits. Il était indispensable de rassembler le puzzle constitué par ces milliers d'informations disparates, auxquelles s'ajoute l'abondante production de notes de service diverses émanant de l'administration juive de Drancy. C'est grâce au Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC), qui a pu rassembler une très riche documentation, que notre travail a été rendu possible. Nos remerciements vont également aux anciens de Drancy qui ont bien voulu témoigner, partici- pant ainsi à une entreprise qui ne fut pas toujours facile.

4° de couverture


Drancy ne fut pas seulement, contrairement à une légende tenace, un camp de transit dans lequel séjournèrent plus ou moins longtemps des « déportables ».
Maurice Rajsfus a eu accès, après des années de recherches, à des archives jusqu'alors inédites et il a recueilli les témoignages de survivants. Il ressort de son livre que Drancy fut bel et bien un camp de concentration très ordinaire à quelques kilomètres de Paris.
Les révélations contenues dans cet ouvrage, quant à la gestion au jour le jour de Drancy, soulèveront bien des polémiques car, cinquante ans après l' ouverture du camp en 1941, il semble que peu d'esprits soient disposés en France à admettre certaines vérités gênantes pour la bonne conscience collective.
Ce livre arrache des masques encore douloureux. On comprend, en le lisant, pourquoi, sans doute, il n 'y aura jamais de procès Bousquet.

Maurice Rajsfus est l’auteur d'une dizaine d’ouvrages dont « Des Juifs dans la collaboration » (EDI, 1980).

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