Avant - Propos
En 1980, je m'apprêtais à faire l'achat d'une valise
dans un magasin de Beverly Hills, en Californie. La boutique appartenait
à Leopold Pfefferberg, un des survivants du groupe Schindler. C'est là
au milieu des articles de cuir importés d'Italie, que j'ai entendu parler
pour la première fois d'Oskar Schindler, Allemand, bon vivant, gentleman-traficoteur,
qui réussit à sauver de la mort quelques milliers d'individus appartenant
à une race condamnée dans une période où l'Histoire s'écrivait Holocauste.
Ce récit, je l'ai écrit après avoir interrogé cinquante des
survivants du groupe Schindler dans sept pays différents - Australie,
Israël, Allemagne fédérale, Autriche, États-Unis, Argentine et Brésil.
Accompagné de Leopold Pfefferberg, je me suis rendu
sur les lieux où se sont déroulés les événements : Cracovie, la ville
d'adoption d'Oskar, Plaszow, où Amon Goeth avait fait ériger son camp
de travail concentrationnaire, Zablocie, où l'on peut encore voir l'usine
d'Oskar, Auschwitz-Birkenau, où Oskar recrutait sa main-d'uvre féminine.
J'ai compulsé les documents d'époque et me suis entretenu avec les quelques
associés d'Oskar encore joignables et le petit groupe de ses amis d'après-guerre.
Les nombreux témoignages recueillis à Yad Vaschem par les
« juifs de Schindler », la haute autorité du souvenir des martyrs et des
héros, des écrits de sources privées ainsi que des notes et des lettres
d'Oskar - quelques-unes puisées à Yad Vashem, d'autres fournies par les
amis d'Oskar - m'ont servi à documenter ce récit.
Comme beaucoup d'auteurs modernes, j'ai choisi d'écrire cette
histoire sous la forme d'un roman. Parce que le talent de romancier est
le seul auquel je puisse prétendre, mais aussi parce que la technique
du roman semblait particulièrement appropriée pour tenter de cerner un
personnage aussi complexe et fascinant qu'Oskar.
Cela m'a amené à relater des conversations aussi vraisemblables
que possible sur la base de documents parfois très brefs. Mais la plupart
des dialogues et tous les événements sont tirés des témoignages des «
Schindlerjuden » (les juifs de Schindler), de Schindler lui-même
et de tant d'autres qui furent témoins des actions courageuses et secourables
d'Oskar.

Je témoigne d'abord ma reconnaissance à trois survivants de
la bande Schindler-Leopold Pfefferberg, qui non seulement m'ont apporté
leurs témoignages sur Oskar et m'ont fourni des documents contribuant
à la rigueur de ce récit, mais qui ont aussi lu les bonnes feuilles de
ce livre et suggéré des corrections. Beaucoup d'autres survivants ou associés
d'Oskar après la guerre m'ont accordé des interviews et fourni des lettres
et des documents. Je les cite : Frau Emilie Schindler. Mrs. Ludmila Pfefferberg,
Dr Sophia Stern, Mrs. Helen Horowitz, Dr Jonas Dresner, Mr. et Mrs. Henry
et Mariana Rosner, Leopold Rosner, Dr Alex Rosner, Dr Idek Schindel, Dr
Danuta Schindel, Mrs. Regina Horowitz, Mrs. Bronisslawa Karakulska, Mr.
Richard Horowitz, Mr. Shmuel Springmann. Certains sont décédés: Mr. Jakob
Sternberg, Mr. Jerzy Sternberg, Mr. et Mrs. Lewis Fagen, Mr. Henry Kinstlinger,
Mrs. Rebecca Bau, Mr. Edward Heuberger, Mr. et Mrs. M. Hirschfeld, Mr.
et Mrs. Irving Glovin, et tant d'autres. Dans ma ville même, Mr. et Mrs.
E. Korn m'ont fourni leur témoignage sur Oskar et m'ont été d'un soutien
de tous les instants. A Yad Vashem, le Dr Josef Kermisz, le Dr Schmuel
Krakowski, Vera Prausnitz, Chana Abells et Hadassah Modlinger m'ont généreusement
facilité l'accès aux témoignages des survivants et aux documents vidéo
et photographiques.
Enfin, je salue tout particulièrement les efforts déployés
par M. Martin Gosch, aujourd'hui décédé, pour que le nom d'Oskar Schindler
reste gravé dans nos mémoires. Et je dis toute ma gratitude à sa veuve
pour l'aide qu'elle m'a apportée.
Grâce à tous ces gens, l'histoire étonnante d'Oskar Schindler peut
être aujourd'hui racontée.

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