Table des matières
Remerciements . . . . . . . 7
PRÉFACE, par Saül Friedlander . . . . . . . 9
I - LA MONTÉE DES PÉRILS
A - La France de 1938 à juin 1940 et le problème des étrangers . . . . . . . 13
- Une poussée de fièvre xénophobe et antisémite . . . . . . . 13
- Les Juifs, première cible des lois xénophobes sous la IIIe
République. . . . . . . . 17
B, Les Juifs de France en 1938-1939 . . . . . . . 22
- Les Juifs immigrés d'une génération à l'autre . . . . . . . 24
- Le Consistoire et la jeunesse . . . . . . . 26
- La politisation des immigrés . . . . . . . 28
1938,année critique . . . . . . . 30
- La guerre . . . . . . . 32
- Signes d'un futur renouveau . . . . . . . 33
C. La singularité de la résistance juive . . . . . . . 35
- Un combat ignoré 35
- Le sauvetage, vocation spécifique de la résistance Juive . . . . . .
. 37
- Une guerre différente . . . . . . . 40
- L'aide française à la résistance juive . . . . . . . 42
- Fraternité d'armes. . . . . . . . 42
- Diversité de la résistance juive. . . . . . . . 43

II. - LES RÉACTIONS JUIVES ORGANISÉES
DE JUIN 1940 A JUILLET 1942
1. Les uvres juives d'assistance . . . . . . . 47
- Initiatives juives de coordination de l'assistance, . . . . . . . 51
- Le Comité de la Rue Amelot, . . . . . . . 51
- La Commission centrale des organisations juives d'assistance, . . .
. . . . 59.
2. Les mouvements de jeunesse . . . . . . . 64
- Les cercles d'études . . . . . . . 65
- Les Éclaireurs israélites de France, . . . . . . . 67
- Les intuitions du fondateur des EIF . . . . . . . 68
- L'action culturelle et spirituelle juive . . . . . . . 69
- Le développement de la branche rurale, . . . . . . . 73
- Le Mouvement de jeunesse sioniste (MJS) . . . . . . . 78
- Avant l'unification, . . . . . . . 78
- Le congrès de l'unification, . . . . . . . 81
- Les publications et le mouvement Yechouroun . . . . . . . 83
3. De l'action sociale, politique et culturelle à l'option militaire . . . . . . . 87
- L'unification des uvres d'assistance imposée par le pouvoir .
. . . . . . 90
- L’émigration . . . . . . . 96
- L'assistance en zone nord . . . . . . . 98
- Les interventions dans les camps d'internement en zone nord . . . .
. . . 100
- Les débuts de la clandestinité en zone sud . . . . . . . 103
- Le Comité de Nîmes . . . . . . . 104
- L'aumônerie des camps 109
- L'Armée juive, . . . . . . . 111
- La Main forte, . . . . . . . 113
- Le front commun des sionistes socialistes et des révisionnistes, . .
. . . . . 115.
4. Les organisations communistes juives . . . . . . . 119
- Les mouvements Solidarité et Secours populaire : une action politique
. . . . . . . 121
- Grèves et sabotage de la production de guerre. . . . . . . . 123
- L'appel aux armes . . . . . . . 125
5. Le Consistoire et les autres associations cultuelles . . . . . . . 130
- Les interventions du Consistoire et du rabbinat auprès du pouvoir .
. . . . . . 131
- Vers une réaction plus activiste . . . . . . . 133
- Les cérémonies cultuelles . . . . . . . 135
- Études, recherches et publications . . . . . . . 138

6. Le cas particulier de l'enfance juive . . . . . .
. 142
- Les homes d'enfants juifs . . . . . . . 142
- La libération des enfants des camps du Sud-Ouest . . . . . . . 147
- Des enfants juifs émigrent en Amérique . . . . . . . 151
- Avant la rafle des enfants en zone nord . . . . . . . 153
III. - L'ACTION JUIVE CLANDESTINE
D'AOÛT 1942 A LA LIBÉRATION
7. La mise en place des réseaux clandestins . . . . . . . 161
- L'ennemi obtient un effet de surprise en zone nord . . . . . . . 162
- Bilan de la rafle du Vel' d'hiv' . . . . . . . 162
- Des milliers de Juifs traqués . . . . . . . 165
- Guérilla urbaine et presse clandestine . . . . . . . 168
- L'organisation du sauvetage . . . . . . . 169
- La résistance juive fait échec à la déportation des enfants de zone
sud . . . . . . . 172
- L'alerte est donnée . . . . . . . 174
- Comment circulait l'information indispensable aux sauveteurs . . . .
. . . 175
- Ameuter l'opinion publique . . . . . . . 179
- Les réseaux de sauvetage passent dans la clandestinité . . . . . . .
182
- Les laboratoires de faux papiers . . . . . . . 184
8. Le sauvetage des enfants juifs . . . . . . . 191
- Des enfants par milliers dans les trains de déportation . . . . . .
. 191
- Le sauvetage clandestin des enfants en zone nord . . . . . . . 194
- Kidnapping et camouflage . . . . . . . 195
- Dans les centres d'accueil de l'UGIF . . . . . . . 201
- Le sauvetage en zone sud . . . . . . . 203
- L'alerte préventive . . . . . . . 204
- Le criblage des internés dans les camps . . . . . . . 204
- L'affaire de Vénissieux . . . . . . . 208
- Naissance et croissance d'un réseau de camouflage . . . . . . . 211
- Le difficile sabordage des homes d'enfants . . . . . . . 214
- Les réseaux des mouvements de jeunesse . . . . . . . 216
- Interdite, l'émigration continue clandestinement . . . . . . . 219
- Combien d'enfants juifs ont survécu à l'occupation nazie en France?
. . . . . . . 223
- Le décompte des pertes . . . . . . . 224
- L'aide extérieure à la communauté juive . . . . . . . 229
- Les enfants et leurs sauveteurs . . . . . . . 234
9. La clandestinité juive : solidarité et vitalité
. . . . . . . 237
- Nouveau déchaînement de la répression en janvier 1943 . . . . . . .
238
- Le judaïsme officiel se rapproche de la clandestinité . . . . . . .
240
- Le reflux des Juifs vers la zone italienne . . . . . . . 245
- Le comité Dubouchage . . . . . . . 248
- La Gestapo à Nice . . . . . . . 252
- Le groupe Maurice Cachoud . . . . . . . 254

10. Primauté des tendances unitaires et dynamisme de la vie
spirituelle . . . . . . . 258
- Regroupement des organisations de Juifs immigrés en zone sud . . . .
. . . 258
- Le rôle de la presse clandestine . . . . . . . 263
- Les internés de Drancy résistent . . . . . . . 268
- La résistance spirituelle des familles et collectivités juives camouflées
. . . . . . . 270
11. Les budgets de la résistance juive . . . . . . . 277
- L'American Joint Distribution Committee . . . . . . . 279
- Les collectes locales . . . . . . . 282
- Le Parti communiste . . . . . . . 283
- Le gouvernement . . . . . . . 284
- Le système des emprunts . . . . . . . 284
- A travers la frontière suisse . . . . . . . 286
12. La gestation de la communauté d'après guerre . . . . . . . 289
- Front commun pour le sauvetage . . . . . . . 289
- L'échec du Comité d'union de la jeunesse . . . . . . . 290
- Penser l'avenir à l'ombre de la mort . . . . . . . 292
- La charte du Conseil représentatif des Juifs de France . . . . . . .
293
13. La lutte armée . . . . . . . 297
- Les Juifs dans la résistance nationale : une riposte militaire . . .
. . . . 298
- La guérilla urbaine . . . . . . . 300
- Les corps francs AJ . . . . . . . 300
- Le 2° détachement FTP-MOI-yiddish, . . . . . . . 301
- Les limites du combat contre la déportation . . . . . . . 303
- Le démantèlement du corps franc AJ à Paris . . . . . . . , 304.
- Les maquis juifs . . . . . . . 306
- Les évasions de combattants vers l'Espagne . . . . . . . . , 306
- La guérilla des maquis juifs . . . . . . . 312;
- Le maquis du Chambon-sur-Lignon . . . . . . . 313
- Le peloton bleu-blanc du corps franc de la Montagne Noire . . . . .
. . 314
- La compagnie Marc Haguenau . . . . . . . 318
Conclusion . . . . . . . 329
NOTES . . . . . . . 335
ANNEXES . . . . . . . 397
Liste des abréviations . . . . . . . 399
- Tableau 1 : Organisations et uvres juives actives en France, 1938-1939
. . . . . . . 403
- Tableau 2 : Principales organisations juives actives en France, juin
1940-août 1944 . . . . . . . 408
- Tableau 3 : Les mouvements de jeunesse juifs, 1940 - 1944. . . . . .
. . 410
INDEX . . . . . . . 411
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4° de couverture
Israël est à la fois une religion, une spiritualité,
une culture et un Etat. JUDAISME-ISRAEL se propose de publier des rééditions
de grands textes classiques épuisés ainsi que des ouvrages originaux
porteurs de ce message multiple : études sur la Bible, le Talmud, la
Kabbale, la philosophie religieuse et le messianisme juifs sous leurs
divers aspects, l'aspiration bimillénaire à Sion et son aboutissement.
La diversité de ces inspirations traduit l'unité d'une civilisation,
d'un peuple, d'une terre.
o o
o
Le terme "Résistance" est clairement catalogué. Les résistants,
ce sont les maquisards, les francs-tireurs, qui ont mené le combat sur le
sol français contre l'occupant et ses collaborateurs, sans discrimination
ethnique, confessionnelle ou idéologique. Débarrasser la patrie de l'invasion
hitlérienne, tel était leur enjeu.
Cette définition générale occulte cependant la résistance juive
- non pas celle des Juifs qui ont pris part à la Résistance, et que rien
ne distingue des autres résistants. Elle occulte la résistance de ceux qui
ont agi dans le cadre des mouvements juifs de résistance,
où il s'agissait d'assurer la survie des hommes, des femmes, des enfants
pris en chasse à cause de leur appartenance juive. Fabriquer de faux papiers,
trouver des abris surs, donner la priorité au sauvetage, soit par le passage
des frontières, soit par des camouflages "aryens", faire évader des internés,
soutenir moralement et matériellement des familles privées de leurs moyens
de subsistance, tels étaient les objectifs prioritaires de la résistance
juive.
C'est cette histoire, avec toutes ses péripéties que Lucien
Lazare, historien mais aussi témoin et participant, explore dans ce livre.
|
Préface
Dans le vocabulaire de nos contemporains, le terme Résistance est clairement catalogué. La Résistance a eu son Comité national et sa médaille. Les résistants, ce sont les maquisards,
les francs-tireurs. Ce vocabulaire rend compte du combat mené sur le sol de France contre l'occupant et ses collaborateurs par des hommes et des femmes, sans discrimination
ethnique, confessionnelle ou idéologique.
Cette définition générale occulte cependant la résistance
juive, non pas celle des Juifs qui ont pris part à la Résistance,
que rien ne distingue des autres résistants au plan de
l'engagement et de l'action. Elle occulte la résistance de ceux
qui ont agi dans le cadre des mouvements juifs de résistance.
Ces Juifs ont mené un combat pour la survie. Ils l'ont fait seuls
dans une première phase, avec l'aide d'autres Français, par la
suite.
Ces deux combats parallèles sont très différents, si ce n'est
que l'ennemi était le même. La chronologie, l'enjeu, la
stratégie et les opérations divergent nécessairement pour
l'essentiel.
La résistance nationale a débuté avec l'Occupation, la
résistance juive a commencé en 1938 déjà, avec la montée des périls extérieurs.
Débarrasser le sol de la patrie de l'invasion hitlérienne fut
l'enjeu de l'une, tandis que l'autre s'acharna également à
assurer la survie des hommes, femmes et enfants pris en
chasse en raison de leur appartenance juive.
La stratégie de la Résistance était la guérilla psychologique
et militaire, celle de la résistance juive a souvent donné la priorité au
sauvetage - par le passage des frontières pour quelques-uns, sous un camouflage
« aryen » en France même pour la plupart.
Quant aux opérations, elles consistèrent pour l'une à se gagner
des appuis au moyen de sa presse clandestine et du noyautage de l'Administration,
et surtout à saboter les voies de communication et harceler les troupes
de l'ennemi. Mais l'autre résistance s'est consacrée à l'assistance aux
Juifs privés de leurs moyens de subsistance, à les munir de faux papiers
d'identité, à leur trouver des abris sûrs, à les soutenir moralement et
spirituellement, à faire évader des internés et parfois à éliminer par les
armes des dénonciateurs de Juifs. Le combat de la Résistance visait à mettre
fin à l'état d'asservissement de la France, ce qui se confondait avec l'un
des buts majeurs de la guerre menée par les Alliés. La Résistance s'est
battue pour la liberté et l'honneur de la nation.
Les Juifs, eux, pressentaient que l'ennemi voulait leur disparition, tout
en ignorant comment celui-ci entendait exécuter sa volonté. En effet, rares
furent ceux qui eurent l'intuition du projet nazi de déshumanisation et
d'extermination physique.
Dans un premier temps, celui de la montée des périls, les Juifs
ont uvrépour consolider leur existence spirituelle et culturelle.
Mais dès lors que l'occupant et ses collaborateurs firent arrêter, concentrer
et déporter les Juifs, ce fut une rupture brutale, à partir de laquelle
la survie physique ne dépendait plus de l'assistance seulement, mais aussi
et surtout de la dissimulation aussi totale que possible de l'identité juIve.
Et pourtant la passion que les Juifs français et immigrés
portèrent à la France leur a donné un puissant désir de s'associer au combat
de tous. Ils l'ont fait dans les rangs des FFI et des FTP. Aussi, l'acharnement
que ces Juifs mirent à vivre n'a d'égal que celui qu'ils déployèrent dans
le combat armé.
Il fallait explorer les péripéties de cette résistance spécifique.
C'est ce passé que Lucien Lazare, historien, mais aussi témoin
et participant, retrace ici dans un très beau livre.
Saül FRIEDLANDER.
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