Le peuple du désastre

Henri
AMOUROUX

 

TOME l  

LE PEUPLE DU DESASTRE
(l939 b- l940)

 

 

Editions Robert Laffont
l977
522 pages.

 

Amouroux HenriMembre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) où il a été élu, en 1978, au fauteuil de Jacques Chastenet, président du jury Albert-Londres, journaliste et historien, auteur de nombreux grands reportages, d'émissions sur France-Inter comme sur TF1, et de plusieurs livres consacrés à la vie de la France et des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, Henri Amouroux a notamment dirigé, entre mars 1968 et septembre 1982, les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes .

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Analyse  

Quatrième de couverture  

Ce livre retrace la vie des Français en 1939 et l940, lorsque vient les surprendre une guerre à laquelle ni physiquement ni moralement ils ne sont préparés. Des Français qui ne s'aiment pas. Qui s'opposent et se querellent, pour ou contre la laïcité, pour ou contre Franco, Hitler, Staline. Qui vivent sur le souvenir de la Marne et de Verdun, qui s'imaginent que la guerre recommence là où elle fut arrêtée le ll novembre 19l8, alors que le l0 mai 1940 marque une révolution dans la technique militaire.

Alors, les premiers coups frappés, l'armée française n'est plus qu'un grand corps brisé, tronçonné, qui réagit par soubresauts. Le peuple fuit sur toutes les routes. Le président du Conseil, Paul Reynaud, hisse au pouvoir et Philippe Pétain et Charles de Gaulle. Mais pour l'instant, c'est Pétain qui l'emporte. Partisan de l'armistice, le Maréchal s'identifie alors à l'immense majorité des Français qui n'ont plus le goût de se battre pour une cause en apparence perdue. Le peuple du désastre intéresse ceux qui ont vécu 1940 comme ceux qui sont nés plus tard. A chaque page, les pères retrouveront des souvenirs. Les fils découvriront une époque qui influence toujours leur vie quotidienne puisque, le 10 mai 1940, la France a définitivement sans doute changé de dimensions.

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TABLE DES MATIERES

p 2 - Avant-propos

l. LES FRANÇAIS DE 39

p l5 - 1. Le temps des disputes, des amours et des haines

Quarante et un millions de Français qui ne s'aiment pas. - Les foules au poing levé. - La plainte des ouvriers. - Le regard des patrons. - L'antisémitisme de Je suis partout. - La question « singe » . - Le phénomène « ancien combattant » et les ligues. - L'exemple de Mussolini fascine la droite. - M. de Chateaubriant et Adolf Hitler. - Des invitations qui rapportent. - L'attachement des communistes à l'Union Soviétique. - Le voyage des Souverains britanniques : quatre jours d'unanimité nationale. - La guerre d'Espagne, guerre entre Français. - Violences à la Chambre des Députés.

p 52 - 2. La vie quotidienne

Un pays qui ne fait plus d'enfants. - Les mots « amour », « mariage », « bonheur ». - Les problèmes sexuels jamais évoqués. - Obéir sans broncher. - Combien de chômeurs en France ? - La vie quotidienne des « petites bonnes ». - Prix et salaires. - La misère silencieuse des vieux. - La paysannerie française fidèle à ses traditions. - Danser sur un volcan. - Les manifestations patriotiques. - Le dernier l4 Juillet. 

p 93 - 3 - Quels coupables ? 

Une armée mal équipée. - La lettre à GamelIn. - Vuillemin : l'aviation française peut être écrasée en quelques jours. - Pas une seule escadrille de bombardement. - Querelle de chiffres : combien d'avions français en 1940 ? - Le Messerschmitt : 100 kilomètres plus vite que le Morane. - Dispute autour du nombre des morts. - Les nationalisations ont-elles retardé notre effort d'armement ? - La coûteuse loi de quarante heures. - L'égoïsme de certains industriels français. - Daladier défend son oeuvre. - Un portrait de Paul Reynaud. - Une maîtresse qui passe à l'Histoire. - Le velléitaire Gamelin. - Des hommes tous intelligents mais, presque tous, sans caractère. - Quarante et un millions de Français, quatre-vingts millions d'Allemands.  

II. LA DROLE DE GUERRE

p 121 - 4 - La chasse aux communistes

Le dernier dimanche de paix. - Les sondages sont pessimistes. - « En finir ». - Le journal d'Alain Laubreaux. - Une gifle « de la part des juifs ». - Le pacte germano-soviétique surprend tout le monde. - L’ïsolement moral du parti. - Le pacte : une longue préméditation. - Vingt-deux parlementaires abandonnent. - Les communistes applaudissent Daladier et votent les crédits militaires. - Des communiqués de victoire... sur le front de l’intérieur. - Les communistes appuient l'offensive de paix d'Hitler. - La désertion de Thorez. - Appels à la sévérité et à la mort. - Le tract « Paix immédiate ». - L'opinion de ceux qui sont hostiles à la guerre.

5 - Le moral des civils.

Quand le masque à gaz fait partie de l'univers familial. - La première alerte. - Les évacuations de septembre. - L’exemple de Saint Louis. - Les Alsaciens en Dordogne. - Des problèmes de langue... et de cuisinières. - Les Parisiens entre fermes et châteaux. - Les lettres n'arrivent pas. - Le travail de la censure. - Ne pas parler de remaniement ministériel. - Les journaux renseignent mal. - La guerre fait monter les prix. - Les jours « sans » viande et « sans » apéritifs. - Lutte pour les gazogènes. - 1434 morts sur quatre colonnes, 3 noyés sur quatre colonnes. - On va pouvoir danser. - La fille à Madelon. - Gala à l'Opéra. - Les réquisitions irritent les paysans. - La situation d'affecté spécial.

p 195 - 6. Mourir pour Helsinki et non pas pour Forbach

Dorgelès et la drôle de guerre. - Une chanson de Chevalier qui a valeur historique. - Gamelin et Hitler : deux conceptions du mot « offensive ». - Les Allemands interdiction d'attaquer à l'Ouest. - Les raisons de la passivité française. - La disparition de la Pologne et les journaux français. - Le deuxième bureau ne croit pas aux méthodes allemandes. - Guerre des mines dans la forêt de la Warndt. - Nous abandonnons Forbach sans combattre. - Les haut-parleurs remplacent les canons. - Radio-Stuttgart diffuse les obsèques du lieutenant Deschanel. - L'anglophobie des soldats. - Hommes de droite et communistes unis contre les Anglais. - Surtout ne pas tirer sur les Allemands. - La Finlande en première page. - Des thèmes de propagande que l'on retrouvera en 1942. - Un jour de deuil. - Une guerre antibolchevique. - Faut-il bombarder le Caucase ? - La Finlande provoque la chute de Daladier.

p 231 - 7. Les héros d'une petite guerre

Les affectés spéciaux: utiles ou nuisibles ? - Les appels au secours de Dautry. - Le vin du soldat. - La légende du bromure. - L'arrivée des colis et des lettres. - Médiocrité des journaux du front. - Les mots « territoires occupés » font leur apparition dans les journaux français. - Darnand, héros de Forbach. - Les sous-marins allemands n'ont pas été coulés. - Victoire dans les airs. - Le commandant Robbe sonne inutilement l'alerte.

III. LA DÉBÂCLE

p 257 - 8. Le ciel sur la tête

Les Stukas attaquent. - Les « mensonges » des journalistes. - La guerre « vraie » commence. - Réveillés par le bruit des avions. - Les généraux en permission. - Le 9 mai, calme plat. - Les bruits d'invasion de la Hollande sont tenus pour faux. - La France en crise ministérielle. - Reynaud veut faire partir Gamelin. - « C'est une exécution. » - Reynaud donne sa démission. - Beau temps pour la guerre. - Gamelin avait prévu l'offensive pour mai. - Pétain aussi. - Qu'ont fait nos services de renseignement ? - Un optimisme excessif. - Comment les Français sont renseignés. - Verdun et la Marne toujours à l'honneur. - Un festival de réminiscences. - La surprise de Léon Blum.

p 295 - 9. Les trois jours où nous avons perdu la guerre

La crosse en l'air. - La IXe armée est mal équipée. - Soldats français, soldats allemands face à face. - Les éléments de la supériorité allemande. - Les ponts sur la Meuse ont sauté. - Manque d'hommes et de cadres. - Les responsabilités de quatre chefs. - Le bataillon Cadennes a-t-il perdu la guerre ? - Colmatage impossible. - L'attaque sur Sedan. - Taittinger avait tout prévu. - Des différences de conception dramatiques. - L'exemple de la 3° division cuirassée. - Un texte essentiel de Charles de Gaulle. - La 1er division cuirassée n'existe plus le 15 mai. - Pas d'essence pour les chars. - Naissance de la panique. - Un triste spectacle. - Héros et fuyards. - La mort du général Augereau. - Ce qui s'était passé en 1914. - Des scènes de pillage. - La cinquième colonne : mythes et réalités.

p 341 - l0 L’appel à Pétain

Daladier apprend que la bataille est perdue. - Hitler craint une contre-attaque française. - Le 16 mai au Quai d’Orsay. - « Faire remonter la Seine à quelques bateaux de guerre. » - Les archives brûlent. - « On a foutu le camp. » - Reynaud promet le châtiment. - Cérémonies pour la France à Notre-Dame. - Reynaud appelle Pétain. - Et le général Weygand. - Une opération de relations publiques. - Pétain : silencieux, froid et secret. - L'étonnant et dangereux voyage de Weygand aux armées. - Un petit soldat sale et discipliné sur un terrain d'aviation. - La préparation de la défense de Paris. - L'alliance franco-britannique menacée. - Dunkerque sous les bombes. - Reynaud réclame à Churchill des avions et des canons. - Pétain veut que la France traite séparément. - Attendre la réponse de Roosevelt. - Pétain dans l'exode.

p 377 - 11 La Fuite

Les raisons du départ. - Les gares, objectifs prioritaires pour l'aviation allemande. - Les piétons de mai. - Le long voyage de Nicole Ollier. - Un train sous les bombes. - La volonté de ne pas être allemand. - Faire comme les autres. - Les riches premiers partis. - Les examens continuent. - L'exode paysan. - M. Léautaud ami des bêtes. - L'évacuation des asiles de fous. - Et celle des prisons. - Fascistes et communistes attachés à la même chaîne. - Traîtres et saboteurs. - Le drame des enfants perdus.

p 403 - l2. Le silence de Paris

En reculant nous perdons des usines d'armement. - L'exode de Jeanneney, président du Sénat. - Paul Reynaud quitte Paris. - Faux bruits et faux espoirs. - Paris, ville ouverte. - Panique devant les gares. - Le tableau peint par Rebatet. - Les Allemands représentent l'ordre. - Meurtre à l'hôpital d'Orsay. - Deux pillards allemands fusillés. - Les Allemands et la population. - « Paris a capitulé. » - Les incidents des 14 et 15 juin. - Le 18 juin dans Paris occupé. - Un village à l'heure allemande. - La guerre brise, pour un moment, les hiérarchies sociales. - Les réfugiés manquent de tout. - En marche vers la frontière espagnole. - Combien de réfugiés en juin 1940 ? - Des foules qui pèseront sur les décisions prises à Bordeaux.

p 439 - l3. Châteaux en Touraine

La halte dans les châteaux de Touraine. - La situation militaire le 11 juin. - Churchill veut que les Français se battent dans Paris. - Le réduit breton: un rêve qui ne deviendra jamais réalité. - Pouvait-on se défendre en Afrique du Nord ? - L'accord franco-anglais du 28 mars explique les hésitations de Paul Reynaud. - Charles de Gaulle entre en scène. - Les succès de la 4e division cuirassée. - De Gaulle propose que Weygand soit remplacé. - Philippe Pétain déclare que l'armistice est nécessaire et qu'il n'abandonnera pas la France. - Reynaud affirme : « Le jour de la résurrection viendra »

p 463 - 14. Agonie à Bordeaux

Se loger à Bordeaux. - Les exigences des excellences. - 731l « autorisations de sortie » . - Le désastre. - Contre l'Italie une petite guerre victorieuse. - L'héroïsme n'a pas manqué - Le long voyage du maître mécanicien Adrien Peyrade. - L'évasion de la flotte. - Anglais et Allemands convoitent nos navires. - Deux verres d'eau pour Mme de Portes. - Ni vote ni procès-verbaux. - Pétain veut démissionner. - Les conditions anglaises - Le projet d'Union franco-britannique. - Enthousiasme de Reynaud, sévérité des ministres. - Qui était pour, qui était contre l'armistice. - Reynaud s'en va.

p 487 - l5. Le peuple dans le désastre

Note sur les prix et sur la composition d'une division d'infanterie

p 499 - Bihliographie

p 507 - Chronologie

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