L'impitoyable guerre civile

Henri
AMOUROUX

 

TOME 6 

L'IMPITOYABLE
GUERRE CIVILE

 

 

Editions Robert Laffont
1983
551 pages.

 

Amouroux HenriMembre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) où il a été élu, en 1978, au fauteuil de Jacques Chastenet, président du jury Albert-Londres, journaliste et historien, auteur de nombreux grands reportages, d'émissions sur France-Inter comme sur TF1, et de plusieurs livres consacrés à la vie de la France et des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, Henri Amouroux a notamment dirigé, entre mars 1968 et septembre 1982, les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes .

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Analyse  

Quatrième de couverture  

Les Français se sont beaucoup entre-tués au cours de l'année 1943. Entre-tués pour des idées. Entre-tués pour de l'argent. Entre-tués pour voler quelques milliers de tickets de pain, parce que ces tickets étaient indispensables au maquis, certes, mais aussi parce que leur revente au marché noir permettait à des gangs de s'enrichir encore.
L'impitoyable guerre civile comporte bien des zones d'ombre , mais Henri Amouroux n'est pas de ceux qui se voilent la face et utilisent des mots paravents.
Attaché depuis un quart de siècle maintenant à décrire ce que fut la vie quotidienne des Français sous l'occupation, il le fait avec cette précision passionnée qui donne à toute son œuvre sa valeur auprès du grand public et son poids auprès des historiens.

L'année 1943, année du Service du Travail Obligatoire, sera donc également, et surtout, l'année de la naissance des maquis qui recrutent parmi les réfractaires, l'année de la Milice qui, à partir d'octobre et de novembre, réplique à la terreur par la terreur et, alors que les alliés anglais, américains et russes, partout, poussent en avant leurs armées, engage un combat perdu d'avance contre la quasi-totalité des Français hostiles à l'occupant.

Sixième tome de La grande histoire des Français sous l'occupation, L'impitoyable guerre civile sera suivi de L'hiver du grand espoir et d'un volume intitulé Joies et douleurs du peuple libéré qui clôturera, en 1987 sans doute, une série dont la publication a commencé en 1976. Ainsi sera achevée une œuvre puissante et originale qui, immédiatement, a conquis des centaines de milliers de lecteurs qui se sont passionnés soit en retrouvant les souvenirs d'une époque intensément vécue, soit en apprenant à mieux connaître le déroulement complexe d'années dramatiques qui pèsent toujours sur le destin de la France et sur celui des Français.

Car, entre septembre 1939 et mai 1945, bien peu d'hommes et de femmes, et bien peu de familles ont échappé aux conséquences politiques, sociales, sentimentales et morales de ces grandes batailles qui, en Russie, en Afrique, puis en Italie changeaient déjà la face du monde. Ces drames humains, comme ces drames collectifs, Henri Amouroux les restitue aujourd'hui dans toute leur complexe et mouvante vérité.

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TABLE DES MATIERES

 

p 13 - Introduction

I. LE CHOC DU S.T.O.

p 19 - 1. Ambitions, querelles et rumeurs de paix dans un Etat satellite

Vœuxà Vichy pour un triste 1er janvier 1943. - Cette " sacrée boustifaille " , objet de toutes les préoccupations. - Un rapport à de Gaulle sur la nourriture des Français. - La montée de l'indifférence n'épargne pas Pétain. - Les inquiétudes de Pierre Laval. - Hitler intervient en sa faveur. - La dernière rencontre Hitler-Laval. - Laval rêve d'être l'artisan d'une paix blanche. - Les tentatives de paix entre 1939 et 1943. - Lava l: parlementaire sans illusion sur la nature humaine. - Etre aimé, mais est-ce possible ?

p 57 - 2. Le mois des grands départs

La ligne de démarcation est assouplie. - Hitler fait libérer les prisonniers français capturés en Tunisie. - Le Service du Travail Obligatoire soulève l'émotion populaire. - Les sanctions contre les réfractaires. - L'Humanité dans la bataille contre le S.T.O. - L'action des fonctionnaires... - ...Et celle des médecins. - La paysannerie française n'est pas à l'abri du S.T.O. - La plainte des ruraux et les réactions de l'administration.

p 93 - 3. Leur vie quotidienne en Allemagne

Le départ. - " Nous déchantons. " - Pain et cigarettes. - Qui fait quoi ? - Les sabotages ont-ils été nombreux ? - La mission d'espionnage du commandant Pomès-Barrère. - Rencontre avec des déportés. - Les salaires des ouvriers français en Allemagne. - Les Chantiers de Jeunesse reconstituent une atmosphère française. - La vie religieuse. - Noël dans un camp d'Allemagne. - Amours de guerre.

II. LA RÉVOLTE

p 153 - 4. L'enfance des maquis

Sauckel, agent recruteur des maquis. - Le refuge des fermes et des chantiers forestiers. - Signes de reconnaissance et d'identification. - La géographie commande. - L'action de Georges Guingouin. - Paysans et maquisards. - La multiplication des attaques de fermes, de mairies, de perceptions n'est pas toujours imputable au maquis. - Londres et la Résistance face aux vols et aux attentats. - Quand brûlent les gerbes.

p 191 - 5. Les mains nues

Peu d'armes en octobre 1943. - Des résistants sont massacrés sans pouvoir se défendre. - Le débat autour du rôle que doivent jouer les maquis. - Jean Moulin annonce à Frenay qu'il va réduire les crédits affectés au maquis. - Frenay se tourne vers les Américains. - Les maquis en zone Nord. - Laval décrit un parachutage. - Les Anglais veulent-ils armer la Résistance française ? Beaucoup de résistants répondent par la négative. - Les maquis vus par les Allemands. - Le 64ème corps d'armée allemand réclame des mesures de représailles. - Histoire d'un déraillement. - De notables différences entre le bilan de L 'Humanité et la réalité. - Les bombardements des villes, les mitraillages des trains scandalisent l'opinion... et la propagande de la collaboration exploite les erreurs des Anglais. - Londres accepte que la Résistance prenne l'offensive contre les moyens de transport. - Les communistes s'élèvent contre l'attentisme et préconisent l'action permanente .

p 243 - 6 . Du Vercors à La Marseillaise d'Oyonnax

Le Vercors: une citadelle complète, presque aussi parfaite qu'un ouvrage de Vauban. - Dalloz, inventeur du Vercors. - Londres envoie un message: " Les montagnards doivent continuer à gravir les cimes." - Des résistants du Vercors veulent louer une villa pour de Gaulle. - Les conflits entre chefs militaires entraînent le départ du capitaine Le Ray. -1943, année de formation des cadres, de rassemblement des armes, d'élaboration d'une doctrine. - Laval s'efforce d'enrayer la fuite vers le maquis. - Speer et Bichelonne créent les " usines S " . - Le défilé du 11 novembre à Oyonnax. - Une fausse édition du Nouvelliste termine l'année 1943. - Premier affrontement sérieux entre maquis de l'Ain et G.M.R.


III. TERREUR CONTRE TERREUR

p 277 - 7. Faux et vrais cercueils

L'assassinat du docteur Long. - Le tract du comité antiterroriste de la région lyonnaise. - Les journaux de la Résistance publient des " listes noires " . - Des policiers et magistrats sont menacés et exécutés. - Mgr Gerlier reçoit deux cercueils. - L 'histoire du docteur Guérin. - La population indifférente aux assassinats de collaborateurs. - Charles Maurras réclame l'exécution d'otages dans les prisons.

p 305 - 8. Pétain, Laval, Darnand et la Milice

L'itinéraire de Darnand de 1918 à 1940. - Le Service d'Ordre légionnaire contre les gaullistes, les bolchevistes et les juifs. - Darnand sensible à la force allemande. - Qui a voulu la création de la Milice, quels sont ses buts en janvier 1943 ? - Darnand dénonce le péril bolchevique et manifeste l'intention de lutter contre le marché noir. - Qui s'engage à la Milice ? - Insigne, uniforme, hebdomadaire, école de cadres mais peu d'armes avant novembre 1943.

p 343 - 9. Après le dixième mort

Paul de Gassowski, premier tué de la Milice. - Darnand a-t-il essayé de " passer de l'autre côté " ? - Second voyage en Allemagne et décision d'entrer dans la Waffen-S-S. - Le serment à Hitler. - L'extravagant " plan du 17 septembre" soumis par Déat et Darnand à Hitler. - Après le dixième mort, les miliciens tirent au sort les noms de ceux qui seront chargés des vengeances. - Lécussan assassine Dreyfus et Victor Basch. - La bataille de Grenoble. - Requet fait sauter le parc d'artillerie. - La Saint-Barthélemy des résistants grenoblois. - Pour ne pas parler le docteur Valois se suicide. - Bien des imprudences.

p 377 - 10. L'année la plus dure

Les évasions par l'Espagne. - Les passeurs, des hommes appartenant à un autre monde et à une autre civilisation. - Le problème de l'argent. - Drames en montagne: des résistants sont livrés aux allemands. - Les héros oubliés. - Brigitte Friang entre en résistance. - Des Français mal préparés aux difficiles tâches de l'espionnage. - Laval ouvre la ligne de démarcation aux policiers alIemands chargés de détecter les postes émetteurs de la zone libre. - " Professionnels " et " amateurs " face à face. - Deux traîtres, Moog et Multon dévastent les réseaux. - L 'héroïsme de Brossolette. - La torture. - Depuis leur cellule, Devigny et Sudreau réussissent à alerter leurs camarades. - Sur les murs des prisons des noms et des rêves. - La Gestapo arrête les professeurs de l'université de Strasbourg réfugiés à Clermont-Ferrand. - Que sait-on de la vie dans les camps de concentration ?

IV. LA RÉSISTANCE POLITISEE

p 447 - II. Le combat pour Alger

Le mécanisme pour la prise du pouvoir est enclenché. - Faceà de GaulIe, des résistants déçus. - Une véritable guerre des clans. - Frenay éliminé comme un gêneur. - Charales ValIin à Londres... sa présence suscite de violentes réactions chez les socialistes - Brossolette écrit à de Gaulle. - " Eh bien, Frenay, la France choisira entre vous et moi ". - Darlan à Alger menace l'avenir de De Gaulle. - La conférence d'Anfa et la rencontre Giraud-de Gaulle. - Hostilité de l'entourage de Giraud à la venue de De Gaulle. - Le parti communiste apporte le renfort des masses populaires

p 487 - 12. De la résurrection des partis au C.N.R

Rémy rencontre un responsable communiste. - Le 16 octobre 1942, le P.C. est associé à un appel des Mouvements contre la Relève. - Fernand Grenier à Londres. - De Gaulle ne pouvait pas se priver du soutien des communistes. - Les socialistes émus par l'importance accordée au P.C. - Léon Blum écrit à de Gaulle. - De Gaulle signe l'acte de naissance du C.N.R. - Henri Frenay opposé à la résurrection des partis. - Jean Moulin prend position, au nom du C.N.R., en faveur d'une installation rapide du général de Gaulle à Alger. - La première réunion du C.N.R. - La motion qui est adoptée. - De Gaulle arrive enfin à Alger .

p 521 - 13. Le 21 juin à Caluire

La lumière n'est pas faite sur le rôle de René Hardy. - La réunion du 21 juin provoquée par l'arrestation du général Delestraint. - A Caluire, aucun dispositif de protection. - Les Allemands arrêtent Jean Moulin mais ignorent encore sa véritable identité. - Après la mort de Jean Moulin, plus rien ne sera jamais pareil .

p 535 - Remerciements

p 537 - Bibliographie

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