| AD : Archives départementales.
AMGOT : Allied Military Government of Occupied Territory. Prévu pour être le gouvernement intérimaire (prenant en charge l’administration du territoire, y compris l’émission de la monnaie) des territoires européens libérés par les Alliés, il ne fut pas imposé en France en 1944, en raison de la reconnaissance par les Alliés du Gouvernement provisoire dirigé par le général de Gaulle (GPRF). AN : Archives nationales. AO : Action ouvrière. Consistant à l'origine en une extension du mouvement Combat dans les classes ouvrières urbaines, le mouvement devint un instrument actif de sabotage industriel, conservant une position organisationnelle au sein des MUR mais travaillant en étroite collaboration avec des syndicalistes aussi bien qu'avec des ouvriers socialistes et communistes. AS : Armée secrète. Partie militaire des MUR dirigée par le général Delestraint de l'hiver de 1942-1943 jusqu'à son arrestation. Elle était en théorie séparée de l'organisation du maquis sous le SNM, même si cette séparation était largement ignorée en pratique. Sous Delestraint, le rôle militaire de l'AS était de former des groupes francs qui seraient armés et entraînés pour tous les aspects de l'action de la Résistance. À mesure que je besoin d'équiper les réfractaires au STO devenait plus pressant, de nombreux groupes locaux de l'AS commencèrent à agir comme organisateurs et fournisseurs du maquis. C'étaient les "sédentaires", qui opéraient depuis leurs foyers pour soutenir leurs groupes de maquis locaux. C'est ainsi que se produisent dans toutes les régions une coexistence et un chevauchement entre groupes francs, sédentaires et maquis, tous représentants de l'AS. BCA : Bataillon de chasseurs alpins. Régiments de l'armée française basés dans les régions alpines. Le 27" BCA fournit beaucoup de chefs et d'hommes du maquis des Glières. BCRA : Bureau central de renseignements et d'action (militaire) de la France libre (qui deviendra France combattante) de De Gaulle, dirigé initialement depuis Londres par le capitaine (puis colonel) Dewavrin (Passy). Le Bureau envoyait des agents français organiser la Résistance au sein de la France, en alliance étroite avec la section RF du SOE britannique qui fournissait l'argent et les armes nécessaires provenant du War Office. Aussi bien le BCRA que la section RF furent de farouches rivaux de l'autre section du SOE, la section F, qui envoyait des agents britanniques en France. CDL : Comité départemental de libération. Nommés, souvent dès l'hiver de 1943-1944, dans chaque département, ces comités de Résistance élaborèrent la politique locale à la Libération et conseillèrent et assistèrent les préfets de la Libération pendant les derniers mois de la guerre. CFL : Corps francs de la Libération. L'AS et les maquis membres des MUR fusionnent en CFL en mai 1944, réorganisation annoncée sur le terrain par la dépendance structurelle de nombreuses unités de maquis par rapport à l' AS locale. La fusion officielle sembla cependant relancer les efforts de ceux qui appelaient à une action plus directe des groupes de maquis avant le jour J. CFLN : Comité français de libération nationale. Organe directeur de la France combattante établi à Alger sous Giraud et de Gaulle. À partir du printemps de 1944, de Gaulle le dirige seul. CFMN : Corps franc de la Montagne Noire. Unité de la France combattante mise en place dans le Haut Languedoc par l'Etat-Major interallié avant le débarquement en Normandie. Déployée dans le Tarn, l'Aude et l'Hérault en juin 1944, elle reçut de nombreux parachutages et fut attaquée par une force allemande très supérieure en nombre au mois de juillet. Elle se dispersa mais poursuivit son activité en unités séparées avant de se regrouper dans les monts de Lacaune où elle attaqua une unité du corps de bataille de la Wehrmacht, livrant le dernier combat de la libération du Tarn. Elle rejoignit les FFI de Montpellier avant de s'intégrer dans la 1ère Armée Française (8° Dragons) CLL : Comité local de libération. Comités nommés par la Résistance pour remplacer les conseils municipaux à la Libération, jusqu'aux premières élections locales d'après-guerre en avril-mai 1945. CNR : Conseil national de la Résistance. La réussite suprême des efforts de Jean Moulin pour unir la Résistance à l'intérieur de la France sous de Gaulle. Contrairement aux MUR, il rassemblait tous les mouvements de la Résistance dans le Sud y compris le Front national. Son premier chef après l'arrestation de Jean Moulin en juin 1943 fut Georges Bidault, issu de la Résistance intérieure et qui n'était pas un envoyé de de Gaulle. Le rôle essentiel du CNR fut de donner forme aux objectifs de la Résistance pour la France libérée. Cela fut accompli grâce à la charte du CNR de mars 1944, à laquelle les résistants qui souhaitaient des changements sociaux aussi bien que politiques font référence comme à l'expression radicale, et reconnue, de la France de la Résistance. L'organisation militaire du CNR était le Comité d'action militaire (COMAC) qui agit comme force unificatrice pendant les luttes de la Libération. FFI : Forces françaises de l'intérieur. Fusion officielle, et d'abord théorique, de toute la Résistance armée en une seule organisation militaire placée sous les ordres du général Koenig qui avait commandé les Français Libres contre Rommel dans la victoire de Bir Hakeim en juin 1942. Les FFI datent de la fin de 1943, mais les chefs régionaux et départementaux des FFI ne furent mis en place qu'au printemps de 1944. Dans certaines régions du Sud la fusion pratique et stratégique des groupes francs, des maquis, et des forces de FTP ne se produisit pas avant juillet, voire août. Même alors, les unités de la base conservèrent beaucoup de leur individualité dans la direction et l'approche tactique. Montgomery et Eisenhower ont déclaré que les FFI avaient pour les Alliés la valeur de dix à quinze divisions dans la libération de la France. FN : Front national: Mouvement de la Résistance fondé par le Parti communiste :français en 1941, qui opérait dans les deux zones et était ouvert à tous les volontaires, communistes ou non. En 1944, plusieurs non-communistes étaient membres de ses comités directeurs. II s'agissait d'un mouvement à la fois militaire et politique, avec pour forces militaires principales les FTP, et qui reposait sur l'idée d'une action immédiate et directe, dont des attaques contre le personnel allemand individuel. Ses liens organisationnel avec le Parti communiste continuèrent après la Libération. FTP (F) : Francs-tireurs et partisans (français). Forces armées du FN, ouvertes, comme le mouvement lui-même, à tous les volontaires, et également identifiées avec le Parti communiste, même si la force de cette identification varie considérablement d'une unité à une autre. Le chef national était Charles Tillon, et chaque unité de FfP, urbaine ou rurale, avait une structure de commandement tripartite : un commissaire aux affaires militaires, à la tête de toute action, un commissaire aux effectifs responsable du recrutement, des affaires politiques et des relations extérieures du groupe, et un commissaire technique responsable de tout l'approvisionnement, y compris les armes et le ravitaillement. La chaîne de commandement militaire des FTP articulait les chefs régionaux et départementaux. En 1944, chaque région avait ses propres bataillons de FTP, chacun regroupant plusieurs compagnies. L'unité de base, à son meilleur niveau d'organisation pendant l'été de 1944, était un détachement de vingt-huit hommes divisé en trois groupes de huit, trois commissaires et un agent de liaison. C'était là plutôt un modèle qu'une réalité universelle, et les unités locales de FTP variaient considérablement en nombre après l'afflux de volontaires en juin 1944. Certaines avaient leur propre corps franc chargé de missions spéciales et toutes établissaient une distinction entre ceux qui étaient plus ou moins mobilisés en permanence loin de chez eux et les sédentaires ou statiques, qui opéraient depuis leurs foyers et lieux de travail, assurant ravitaillement et soutien, et formant des troupes de réserve. F.U.J.P. : Front uni des jeunesses patriotiques ou Forces unies de la jeunesse patriotique. Établie à l'automne de 1943 afin de mobiliser les jeunes pour le soutien des groupes de maquis et des FfP, l'organisation est née d'une initiative des MUR, mais acquiert dans la plupart des régions son propre caractère indépendant et spontané. Beaucoup de ses membres sont de très jeunes gens, qui rejoignent par la suite le maquis ou composent les milices patriotiques à la Libération. Des tracts encourageant à la résistance au STO sont distribués par des groupes du FUJP dans la plupart des villes du Sud. Ils organisent des raids pour s'emparer des dossiers du STO. GF : Groupes francs. Formés comme unités d'action au sein de Combat dès 1941, ils deviennent les formations militaires principales de l' AS avant les maquis, puis fonctionnent parallèlement à eux. Dans certaines régions comme les Bouches-du-Rhône, ils constituent les forces militaires principales de la Résistance jusqu'à la Libération, opérant depuis leurs foyers par des actes de sabotage, de harcèlement de l'ennemi, et pour finir, par des affrontements militaires directs. Comme le maquis de l'AS, les groupes francs reçoivent des armes et des munitions dont le parachutage est organisé directement par des agents britanniques ou français agissant individuellement, ou par le Service atterrissage parachutage (SAP), qui coordonne la reconnaissance de terrains d'atterrissage possibles et organise leur codage avec le BCRA et le SOE. GMR : Groupes mobiles de réserve. Police paramilitaire de Vichy organisée en brigades régionales dont la fonction principale devient la chasse au maquis. GPRF : Gouvernement provisoire de la République française. Dérivé du CFLN et dirigé par le général de Gaulle, il s'établit à Paris à la Libération et continue la guerre contre l'Allemagne. Son succès, et le droit reconnu à de Gaulle de représenter la nation française, est symbolisé par la présence de la France à la signature de la reddition allemande. MOI : Main-d'uvre immigrée. Organisation d'avant-guerre établie par le PCF pour défendre les droits des travailleurs immigrés en France. Elle subsiste comme force au sein des camps de travail installés par Vichy et dans les chantiers ruraux qui emploient de très nombreux travailleurs du Travail étranger (TE). En collaboration avec les chefs locaux de la Résistance, elle crée des maquis et des unités de FTP quand ses travailleurs sont menacés d'arrestation ou de déportation. MUR : Mouvements unis de la Résistance. L'organisation unifiée de la Résistance composée de trois mouvements de la zone sud, Combat, Libération (Sud) et Franc-Tireur. Les MUR datent de janvier 1943 et sont l'un des produits des missions unificatrices de Jean Moulin en France comme envoyé de de Gaulle. On avait espéré qu'ils incluraient le Front national et les FTP, mais cette fusion ne fut accomplie qu'au sein du CNR, et finalement dans les FFI. NAP : Noyautage des administrations publiques. Branche de Combat en 1942 qui vise à infiltrer et déstabiliser les .secteurs publics administratifs, elle se développe au sein des MUR et devient une source puissante d'activité de la Résistance, en particulier dans les services postaux et téléphoniques et les chemins de fer. ORA : Organisation de résistance de l'armée. Extension de la Résistance déjà commencée dans l'armée de l'armistice, mais efficacement relancée après la dissolution de cette dernière qui suit l'occupation allemande de la zone sud. Elle reposait sur une structure militaire professionnelle, avec des officiers de carrière à sa tête, et elle se tourna tout d'abord vers Giraud comme chef de la Résistance plutôt que vers de Gaulle. Son objectif était l'entraînement et la préparation pour le jour J, sans engagement politique, et ses formations de maquis pendant la période de la Libération étaient indépendantes de l' AS et des FTP, même si elles faisaient officiellement partie des FFJ. Avant le 6 juin 1944, l'ORA prenait des contacts et distribuait des armes, mais ce ne fut qu'avec les ordres de mobilisation pour le jour J que les maquis de l'ORA furent solidement établis. La région de Toulouse (R4) vit alors le rassemblement de près de 3 000 hommes armés regroupés en petites unités dirigées par des officiers de carrière. Dans la région de Marseille (R2) on estimait leur nombre à 2000. Il y avait des groupements de l'ORA. dans toutes les autres régions du Sud, et leur nombre crût, comme celui de toutes les autres organisations de combat en juillet et en août : ils jouèrent un rôle considérable dans les affrontements militaires de la Libération. OSS : Office of Strategic Services. Services secrets américains qui envoient des agents en France, mais très inférieurs en nombre à ceux du SOE. Beaucoup arrivèrent après le jour J dans les missions Jedburgh composées d'équipes en uniforme de Britanniques, de Français et d'Américains formés aux tactiques de guérilla qui apportèrent armement et commandement à la Résistance française locale, en particulier dans l'ouest de la zone sud. OT : Organisation Todt. Organisation allemande construisant des fortifications en France en particulier sur les côtes. Elle portait le nom de l'ingénieur allemand Todt qui avait acquis sa réputation dans la construction d'autoroutes, et elle enrôla des milliers de travailleurs français et immigrés, souvent en rivalité avec les efforts allemands et vichystes pour envoyer le plus de travailleurs possible en Allemagne dans le cadre du STO. PCF : Parti communiste français. PPF : Parti populaire français, parti d'avant-guerre de Jacques Doriot étroitement associé à la collaboration, notamment au recrutement de ]a Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) qui combattit sur le front russe du côté allemand. RI, R2, R3, etc. : Les douze régions militaires de la France de la Résistance, dont six se trouvent dans la zone sud. à savoir les régions de Lyon (RI), de Marseille (R2), de Montpellier (R3),de Toulouse (R4), de Limoges (R5) et de Clermont-Ferrand (R6). Dans l'organisation du SNM et des FFI, les chefs militaires régionaux exercent sur les unités combattantes sur le terrain d'une étendue extrêmement variée des pouvoirs de coordination et de contrôle. La difficulté à maintenir un contact régulier et à répondre aux mouvements imprévisibles de Vichy et des Allemands a pour conséquence que de nombreuses décisions essentielles sont prises par les chefs locaux des maquis. Des estimations régionales du nombre d' hommes et de l'efficacité matérielle de ces unités sont souvent largement erronées, et les historiens répugnent à avancer des chiffres précis pour les forces régionales de la Résistance armée. Résistance-fer : secteur d'opérations de sabotage hautement efficace organisé parmi les employés des chemins de fer. Il a sa propre organisation au sein des MUR, mais tous les corps de la Résistance - les FTP, le maquis, le SOE, les groupes francs, AO, etc. - travaillent en étroite collaboration avec les saboteurs des réseaux ferroviaires et les réseaux de renseignements de la SNCF. SCT : Service du contrôle technique. Service de censure postale et d'écoute téléphonique de Vichy, qui intercepte des milliers de lettres chaque semaine dans tous les départements, et en tire des témoignages sur des sujets désignés par Vichy comme les domaines les plus importants et les plus dangereux de la politique et de l'opinion publique. La majorité des lettres étaient ensuite envoyées à leur destinataire comme si elles n'avaient pas été ouvertes, et les rapports et conclusions des interceptions étaient adressés au préfet et au ministre de l'Intérieur . Le système se transformera en opération de surveillance politique et fut soumis à un contrôle de plus en plus direct de Vichy. SNM : Service national maquis. Organisation fondée par les MUR en avril 1943 afin de promouvoir et de coordonner la création des maquis comme forme de résistance séparée de l'AS. Son chef était Michel Brault SOE : Special Operations Executive. Organisation britannique secrète fondée pour mener la guerre contre l'Allemagne en Europe occupée. La section F dirigée par le major (puis colonel) Maurice Buckmaster en était le corps principal. Elle a envoyé des agents britanniques en France, a établi près d'une centaine de réseaux indépendants en recru tant des résistants français sur le terrain. Il existait une section RF, moins importante, qui opérait aussi en France avec des agents français et coopérait de plus près avec le BCRA gaulliste. SS : Schutzstaffeln. D'abord escadrons de protection de Hitler reconnaissables à leurs chemises noires, organisés par Heinrich Himmler. Ils constituent plusieurs divisions blindées en France et sont les plus déterminés dans leur lutte contre le maquis. Les divisions SS comme Das Reich sont envoyées en zone sud pour récupérer, après avoir servi sur le front est. SSR : Service de santé de la Résistance, constitué au niveau national et local au sein des MUR à partir de 1943. STO : Service du travail obligatoire. Plan qui succède à celui de la relève. Destiné à satisfaire les exigences de Sauckel concernant la main-d'uvre à envoyer en Allemagne, il est institué le 6 février 1943 et est obligatoire pour la plupart des jeunes Français âgés de 20 à 23 ans. Il se complique ensuite de nombreux raffinements, d'extensions et d'un système d'exemptions, tandis que Sauckel ne cesse d'exiger des effectifs toujours plus nombreux. Après une interruption des départs pour l'Allemagne dans les derniers mois de 1943, tout le processus du STO est finalement suspendu par Laval le 23 juin 1944. Les Allemands, qui subissaient la pression des débarquements alliés, avaient cessé d'insister sur son application. TE: Travail étranger. Organisation de Vichy des travailleurs immigrés en camps et en chantiers, surtout dans l'industrie forestière et dans l'agriculture. UFF : Union des femmes françaises. Mouvement de la Résistance des femmes à base large fondé au milieu de l'année 1944, poursuivant le travail des "comités féminins" et comme eux étroitement lié à la Résistance communiste. À la Libération, de nombreuses femmes deviennent membres des CDL ou des CLL comme déléguées de l'UFF. |