Vichy et les juifs

Sous la direction de Jacques FIJALKOW

 

 

VICHY, LES JUIFS ET LES JUSTES

L'exemple du Tarn

 

 

Editions Privat . 2003 - 303 pages.

 


Table des matières

   AVANT-PROPOS de JACQUES FIJALKOW . . . . . . . . .9

   INTRODUCTION de CHANTAL BORDES - BENA YOUN et PATRICK CABANEL . . . . . . . . . 11

Juifs et non-Juifs : L'histoire et la mémoire

   PIERRE LABORIE :
Juifs et non-Juifs, 1940-1944. Histoire et représentation . . . . . . . . 19

   RENÉE POZNANSKI :
Juifs et non-Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Antisémitisme et/ou sauvetage . . . . . . . . 27

    ANNETTE WIEVIORKA et JACQUES BURKO :
Mémoire et histoire de la Shoah . . . . . . . . .43
  Antisémitisme et persécution

   SERGE KLARSFELD :
Vichy-Auschwitz. La solution finale de la Question juive en France . . . . . . . . . 51

   PATRICK DENOUX :
La production subjective de l'altérité. Deux études de cas : Pétainiste et collaborateur . . . . . . . . 59

   DIANA FABRE :
Le camp de Brens . . . . . . . . 81

   SANDRA MARC :
L'assignation à résidence des Juifs par le gouvernement de Vichy. L'exemple de Lacaune . . . . . . . . .87

   OLIVIER HÉRAL :
Les rafles de Juifs dans le Tarn en 1944. Le cas de Montredon-Labessonnié . . . . . . . . . 103
Les réactions des Juifs

   RUTH CHEMLA-PEREZ : Enfants juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. . . . . . . . 129

    KATY HAZAN : Les maisons de l'espoir . . . . . . . . 143

    ALAIN MICHEL : Les Éclaireurs israélites de France dans le Tarn . . . . . . . . 163
    VALÉRIE ERMOSILLA – PIETRAVALLE : La résistance juive dans le Tarn . . . . . . . . 179




  Les Justes


   PATRICK CABANEL : Des Justes catholiques et protestants: un essai d'approche comparée . . . . . . . . 197

   LUCIEN LAZARE : Les Justes dans le Tarn . . . . . . . . 209 :

    RÉMY CAZALS : Les réseaux des Puech et le soutien aux Juifs sous l'Occupation . . . . . . . . 217

    PIERRE MATHIEU : Des chrétiens au secours des Juifs dans le Tarn de 1942 à 1944. Des catholiques face au drame des Juifs . . . . . . . . .233

    MONIQUE JULLIEN : Des chrétiens au secours des Juifs dans le Tarn de 1942 à 1944. Des protestants face au drame des Juifs . . . . . . . . .253

  Sources et témoignages

   SYLVIE DESACHY : Richesse des Archives départementales du Tarn sur la période de la Seconde Guerre mondiale . . . . . . . . 263

    GÉRARD GOBITZ : Juif étranger en zone libre de 1940 à 1942 . . . . . . . . . 271

    JACQUES LAZARUS : La résistance juive . . . . . . . . 283

   ROLANDE TREMPÉ : Castres 1940-1944 (montage de textes) . . . . . . . . . 291

    POSTFACE DE CLAUDE JULIEN : La mémoire comme leçon pour l'avenir . . . . . . . . .301


Avant - Propos de Jacques Fijalkow
 

    Je voudrais en quelques mots tenter de répondre à deux questions qui m'ont été souvent posées concernant le colloque qui s'est tenu à Lacaune les 15 et 16 septembre 2001 : « Pourquoi à Lacaune ? » et « Pourquoi vous ? » .
    Les deux questions sont pertinentes, puisque les colloques se déroulent généralement dans des villes universitaires et que Lacaune n'en est pas une à ce jour. Par ailleurs, ce colloque étant un colloque d'histoire, et que je suis chercheur en psychologie et non en histoire, il est tout à fait légitime de se demander ce qui m'a amené à travailler à ce projet. .
Pour répondre très brièvement à ces deux questions, je me contenterai d'indiquer cinq points de repère biographiques chronologiquement ordonnés, histoire oblige. .
    Tout d'abord, suivant une décision préfectorale du 28 mars 1942, des familles juives résidant dans le sud de la France furent assignées à résidence à Lacaune. Ma famille, c'est-à-dire mon père, ma mère et moi-même, se retrouva donc à Lacaune début 1942. J'avais alors un peu plus de 1 an.
    En août 1942 et février 1943 eurent lieu à Lacaune deux rafles qui emportèrent 119 personnes parmi les Juifs assignés à résidence dans la commune. Aucune d'entre elles ne revint des camps de concentration où elles furent déportées. Mon père faisait partie des vingt-neuf personnes raflées en février 1943.
    La guerre finie, les familles juives partirent peu à peu, à l'exception de ma mère et de moi-même qui restâmes à Lacaune. Elle est décédée en 1960.
Parti à mon tour, c'est un travail de recherche en histoire, celui de Sandra Marc, qui, en 1997, m'a ramené à mon village d'origine. Sollicité en tant que témoin de cette période, j'ai alors été amené à revenir sur ce passé.
    Deux ans plus tard, à la suite du travail de Sandra et à l'initiative de la mairie de Lacaune, un Mémorial de la déportation des Juifs de Lacaune était inauguré. Dans son prolongement, une association était créée, l'association des Amitiés judéo-lacaunaises, Mémoire juive et Lacaune depuis la Seconde Guerre mondiale, dont j'étais élu président. L'article 2 de cette association est ainsi libellé :
    « Cette association a pour but de maintenir et de développer les relations entre les survivants et les familles des Juifs assignés à résidence à Lacaune pendant la Seconde Guerre mondiale et la population lacaunaise. Elle a également pour but d'assurer un devoir de mémoire concernant cette période et, dans ce dessein, œuvrer au développement de travaux de recherche consacrés à celle-ci ainsi qu'à leur diffusion. »
    Le bureau de l'association a décidé d'organiser tous les deux ans à Lacaune une rencontre entre Lacaunais et familles d'assignés à résidence, et de l'accompagner d'une manifestation publique. Le colloque dont on trouvera ici les actes est donc la première manifestation organisée dans cette perspective.


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