2° Avant - Propos
Encore un livre sur le Vercors, dira-t-on peut être. Oui, et ce n'est
certainement pas le dernier. Tant de mystères restent encore à élucider,
tant d'énigmes à déchiffrer. Aussi tout témoignage est-il le bienvenu.
Mais ici, il s'agit d'une riche moisson de témoignages, recueillis
par un de ceux qui ont participé à la tragique aventure.
Témoin et acteur de ce drame, notre camarade est né en 1924 mince, le cheveu noir, le
sourcil charbonneux, au regard droit et franc, à la parole nette et directe. Très sûr de lui il est facile de lire sur son visage sa loyauté, sa sincérité, la profondeur des sentiments de
cet homme d'action, de cet homme de Foi et de bonne foi.
Né le 19 mai 1924 à Oullins Rhône, il avait 16 ans et une solide formation
primaire et sportive, lorsque se produisit la catastrophe de 1940. Il
fut de ces jeunes qui ne perdirent pas toute espérance et pensèrent qu'à
l'abri du manteau du maréchal, il y avait encore quelque chose à faire.
Après avoir milité dans les rangs des Compagnons de France, il s'engage
à 18 ans dans l'armée d'armistice au 405e régiment d'artillerie. Il ne
devait y rester que six semaines, l'occupation de la zone libre par la
Wehrmacht l'ayant chassé du fort de St-Genis Laval et renvoyé dans ses
foyers.
Un mois plus tard, son frère cadet, 17 ans, est arrêté par les Allemands,
interné à Montluc, puis transféré en Allemagne. Mais La Picirella avait
conservé le contact avec son chef, le Cpt Fould, officier patriote, et
c'est ainsi que, malgré les reproches de sa mère, il put, à la fin de
janvier 1944, rejoindre le Cpt Geyer récemment promu chef militaire du
Vercors, où il s'efforçait de reconstituer le Ile Régiment
de Cuirassiers.
La Picirella découvre la vie du maquis : tours de garde, corvées de ravitaillement
ou de cuisine, instruction, classe à pied, maniement d'armes, exercices
en campagne, manœuvres de guérilla, récupération de parachutages, et aussi
les alertes, fausses ou vraies, et les coups de main. La Picirella prend
part au siège d'un cantonnement de gardes mobiles, à une tentative de
faire déserter des Russes enrôlés dans la Wehrmacht, à l'incroyable expédition
du Cpt Georges Jouneau sur Lyon pour enlever 53 tirailleurs africains
prisonniers à la Doua, à l'embuscade du 10 juillet au col de Lus-Ia-Croix
Haute où il est légèrement blessé, à la contre attaque sur Vassieux les
22-23 juillet. Après le décrochage, c'est le regroupement en forêt de
Lente, les patrouilles meurtrières, et enfin la prise de Romans, le 22
août, où il se distingue par son courage et son sang-froid à l'attaque
d'un blindé.

Après la libération de Lyon, engagé volontaire pour la durée de la guerre,
il part pour la campagne des Vosges et de l'Alsace, dans les rangs de
la 1ere Division Française Libre.
La croix de guerre (2 citations) puis la Médaille Militaire récompensent
ce "magnifique soldat" pour reprendre les termes du Cdt Geyer la
Thivollet. Simple brigadier-chef, il n'a pas fait carrière sur le martyre et
la légende du Vercors.
Démobilisé en Allemagne, à la fin de l'année 1945, La Picirella rentre
dans la vie civile et travaille dans une teinturerie de Villeurbanne avant
d'entrer au Gaz de France. Ses loisirs, il les a consacrés à l'étude et
à des activités sociales parfaitement désintéressées au sein de l'Association
Rhin et Danube, chez les Anciens de la 1ere D.F.L., les Combattants Volontaires
de la Résistance, à la Maison du Combattant de la Libération à Lyon.
Mais il va se passionner pour la recherche de la vérité sur le Vercors,
dépensant sans compter son temps libre et ses économies. En 1961, il
publie: "Mon Journal du Vercors" C'est déjà l'esquisse du présent
ouvrage car déjà quelques témoignages venaient compléter son journal
de marche.
Il devint mon collaborateur pour le travail que m'a confié le Comité d'Histoire
de la 2e guerre mondiale. C'est ainsi qu'il a établi un fichier
des victimes, qui comporte près de 800 fiches, dont la principale source
est l'état civil des communes, souvent, hélas, très incomplet. Malgré
son caractère encore provisoire, ce fichier permet d'avoir une idée plus
précise du martyrologe du Vercors.
La Picirella n'a pas négligé les victimes allemandes. Recherches encore
plus difficiles que pour les nôtres. On peut cependant conclure qu'il n'y
eut qu'un petit nombre de tués allemands. Entre les 2 listes, la
disproportion est saisissante. La Picirella n'a pas craint de détruire les
légendes les plus tenaces. Surtout, il a eu recours à l'enquête orale et,
pendant plusieurs années, il a recueilli inlassablement témoignage après
témoignage parmi les anciens du maquis et de la résistance. Il n'a pas
ménagé sa peine et ses forces. Il est difficile d'évaluer la somme de
travail et de patience que représente cet ouvrage, chronologie
minutieuse des événements qui se sont passés non seulement dans le
Vercors mais dans la plus grande partie des départements de l'Isère et
de la Drôme. On y retrouvera aussi les poignants messages échangés
entre le Vercors et Alger, messages que j'avais publiés voici quelques
années.

Avec une. ardeur , avec une persévérance qui confine à l’entêtement, et
aussi avec un sens pratique remarquable, La Picirella a sauté tous les
obstacles. Le livre promis paraît. Et la tâche de l'historien sera singulièrement
facilitée par cette publication. J'avoue que j’ai .été séduit par son
tItre. Qui dit témoignage, dit aussi procès, c’est-à-dire matière a controverse,
à contestation.
Ainsi, ce livre se termine sur un discours du général de Lattre de Tassigny
à Vassieux et sur une lettre du général Koenig. Dans le discours, nous
relevons cette petite phrase: "Ici on n'a pas fait de la petite guerre
: on a fait la guerre".
C'est bien cela. Et c'est bien là le drame. Au Vercors on a fait une
guerre dont on n'avait pas les moyens. Et l'on a refait 1940.
Une petite guerre de 1940 !
Mais si l'effet matériel, si les pertes allemandes furent faibles surtout
en comparaison des nôtres, l'effet moral fut considérable. Sur I'ennemi
qui dans son obsession d'insécurité, voyait partout des "terroristes"
et mitraillait sur son passage les buissons les plus inoffensifs. Sur
les Alliés qui découvraient ainsi que l'atteste le général Koenig les
possibilités d'exploitation militaire de la Résistance française.
Sur les Français eux-mêmes, de l'intérieur et de l'extérieur, qui firent
de la "République du Vercors" l'exemple d'un pays se libérant lui-même.
Et par son martyre, le Vercors demeure un symbole émouvant que ne cessera
d'embellir l'imagination populaire.
Ainsi que l'a chanté Louis Aragon
Roland sonne du cor
C'est le temps des héros qui renaît au Vercors
Fernand Rude
(1) F. Rude "Le dialogue Vercors-Alger (juin-juillet 1944)". "Revue
d'histoire de la 2eme guerre mondiale" - 13eme année
N° 49, janvier 1963. pp 79-110

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Témoignages
... une documentation considérable. ... votre bouquin deviendra
le livre de chevet de presque toute la population du Vercors.
(A. VlNCENT BEAUME - ex-capitaine Sambo ou Vincent - Correspondant
pour la Drôme du Comité d'Histoire de la Guerre Mondiale).
... Je suis en admiration pour la somme de travail que
cela représente et nous avions tous besoin que l'un des nôtres
se sacrifie pour cette tâche. (Robert BENNES - ex-capitaine Bob).
... une somme de recherches invraisemblable qui révèle un souci de
vérité sans recherche d'effet commercial... il est à mon sens le
premier, le seul, le plus complet, le plus rigoureux témoignage de
NOTRE HISTOIRE. (Gilbert FRANCOIS - Canard - ex-maquisard
du C.6).
... un monument de vérité dont le Vercors avait bien besoin. (J.
VILLARD- ex-capitaine Adrian).
... Ce livre est vraiment un témoignage vivant de l'épopée
"Vercors" et tous ceux qui l'on vécue, ainsi que toutes les familles
des victimes lui seront reconnaissants d'avoir écrit cette page
d'histoire. (Pierre BRUNET- 1er chef du 1er camp du Vercors).
... II permet cette vue d'ensemble indispensable à l'HISTOIRE,
mène si certains ne voient là que de la "petite histoire". (Commandant
Louis BOUCHIER).
... Votre livre sera une mine précieuse de renseignements
pour les historiens. (Général DESCOUR alias Bayard ou Périmètre)
... Enfin un livre de témoignages hurlant leur vérité, auxquels
on pourra se référer comme une documentation historique... quand
on voudra tirer des leçons de l'épopée du Vercors,
de la Résistance ou de la guerre subversive. (Colonel BOUSQUET
alias Chabert - chef d'E.M. du Vercors).
... Je crois que, tout comme moi, ceux qui ont été touchés
de près ou de loin par les événements du Vercors, reconnaîtront
l'honnêteté dont vous avez fait preuve, en rassemblant ces témoignages.
Cela rafraîchit bien des souvenirs et fait connaître bien des
faits ignorés. (Docteur GUERIN - LA CHAPELLE EN VERCORS).
... Je souhaite que votre livre soit beaucoup lu et qu’il
entretienne dans la mémoire de nos compatriotes, le souvenir de
ces humbles héros tombés dans ces combats que beaucoup de français,
hélas connaissent mal ou ignorent. (Général J. SIMON - Gouverneur
Militaire de L YON).
... Mon admiration pour le travail considérable d'analyse
que vous avez entrepris. (Général De LASSUS de ST -GENIES ex-commandant
Legrand - chef départemental des f .f .1. de la Drôme).
... J'ai lu ton bouquin, il me plaît beaucoup, c'est
la vérité. (Docteur SAMUEL alias Ravalec ou Jacques).

... Votre ouvrage "Témoignages sur le Vercors" retrace vraiment l'épopée du Vercors
les souvenirs sont bouleversants et les récits très précis. (Louis
BONTHOUX - maire de LA CHAPELLE EN VERCORS).
... Les événements du Vercors dont je puis me rappeler
y sont relatés avec une parfaite exactitude. Cet ouvrage qui décrit
dans tous ses détails les événements de la Résistance qui se sont
déroulés dans notre région est très intéressant. Je ne saurais
assez le recommander. (MICHEL- maire de ST-MARTIN EN VERCORS).
. Je l'ai lu avec un intérêt soutenu et j'en apprécie particulièrement
l'information rigoureuse et sans fard, qui en fait un document
de première main pour l'histoire de la Résistance dans notre glorieux
Vercors. (A.J. GUELPA-KIENER - Procureur de la République honoraire
- maire de ST-AGNAN EN VERCORS).
... C'est un ouvrage bouleversant dans la rigueur de la
précision historique. La multitude des témoignages souvent émouvants
dans leur simplicité en font un document indispensable pour tous
ceux qui ont vécu la tragédie du Vercors, qui s'y intéressent
ou qui simplement aiment ce glorieux plateau. (ROUX Jacques, Instituteur
maire de V ASSIEUX EN VERCORS).
... Votre ouvrage "Témoignages sur le Vercors" est le recueil
précis, vivant, des déclarations que vous ont faites des acteurs
de ce qu'on a appelé la Tragédie du Vercors, presque tous encore
vivants à ce jour : Il cerne donc la vérité de près, vous citez
les vivants et les morts qui ont participé à la lutte contre l'ennemi
et le plus humble combattant sera flatté de trouver son nom dans
votre livre qui n'est pas une simple énumération des faits mais
un récit poignant qui vous prend à la gorge dès le début et ne
vous lâche qu'au mot "FIN". (Benjamin MALOSSANE - ancien chef
civil du Vercors et maire de SAINT JEAN EN ROY ANS).
... On a beaucoup écrit sur l'épopée de la Résistance,
on a beaucoup dit sur "Les Combattants de l'Ombre". Mais jusqu'ici
on n'avait pas connu un ouvrage aussi précis, aussi fouillé, aussi
travaillé que celui-ci. (Louis BONHOMME - LE DAUPHINE LIBERE).
... En écrivant "TEMOIGNAGES SUR LE VERCORS" Joseph LA
PICIRELLA étoffe et complète tout ce qui a été écrit sur la Résistance
dans notre région. (Lucien BARROZ - L 'IMPARTIAL de la Drôme).
... Un récit sans prétention, sans artifice, tout de sobriété,
mais qui vous empoigne terriblement. (LA TRIBUNE) Dans ce document
unique ou la vérité a été reconstituée avec une rigueur pointilleuse,
les familles des victimes apprendront dans quelles exactes circonstances
sont morts les combattants. (LE PROGRES ST-ETIENNE).

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