Témoignages sur le Vercors

Joseph LA PICIRELLA

 

TEMOIGNAGES SUR LE VERCORS
Drôme - Isère

 

Autoédité - Lyon
1993 - 476 pages.

 

Préface


     Cet ouvrage n'est pas une œuvre littéraire, il est la relation historique des différents événements qui se sont déroulés au cours de la 2e Guerre Mondiale, dans les départements de la Drôme et de l'Isère et en particulier ceux du Vercors.
     Ancien maquisard de ce massif j'ai considéré comme un devoir de rechercher la vérité, et de faire connaître cette vérité aux familles éprouvées, ainsi qu'à mes anciens compagnons d'armes.
     En révélant pour la première fois, l'identité des victimes, j'ai voulu mettre en lumière leur sacrifice, car c'eut été trahir leur mémoire que de l'oublier.
     Avec les témoignages des civils et soldats, héros obscurs, de cette tragique épopée, j'ai voulu apporter aux familles éprouvées, une consolation, aux historiens, ma contribution.

  Joseph La Picirella.

 


Avant - Propos


Cet ouvrage a pour unique ambition d'être un témoignage;
L’auteur s'y efface volontairement pour laisser la parole à ceux qui furent les acteurs ou les témoins des épisodes essentiels du drame du Vercors, il s'interdit toute appréciation personnelle, expose les faits tels qu'ils se déroulèrent, avec une volonté bien arrêtée de rester toujours objectif, et seule l'horreur de certaines scènes parvient à lui arracher, de temps à autre, un cri d'indignation.
Négligeant les effets faciles, il cite des dates, des localités, des faits contrôlés avec la froide rigueur de l'historien, et pourtant il se dégage de l’œuvre une intense émotion; on ne saurait rester insensible à l'héroïsme tranquille de ces hommes qui affrontaient quotidiennement, sans gestes ni déclarations emphatiques, la torture et la mort.
On ne saurait rester insensible devant le témoignage parfois bouleversant de ces humbles qui relatent, avec un réalisme de détails et d’expression sans recherche mais combien évocateur, les scènes de combat ou de répression auxquelles ils ont assisté.
Les noms mêmes des lieux où se déroule le drame présentent à notre imagination les vastes paysages alpestres qui lui servent de cadre grandiose.
Puisse cette relation simple, mais sincère et émouvante de l’épopée du Vercors entretenir au cœur des Français le souvenir de tous ceux qui en furent les héros souvent obscurs et qui contribuèrent, par leur vaillance et leur sacrifice à la Libération du Pays.
 
E. JALABERT
Agrégé de IUniversité


2° Avant - Propos


Encore un livre sur le Vercors, dira-t-on peut être. Oui, et ce n'est certainement pas le dernier. Tant de mystères restent encore à élucider, tant d'énigmes à déchiffrer. Aussi tout témoignage est-il le bienvenu.
Mais ici, il s'agit d'une riche moisson de témoignages, recueillis par un de ceux qui ont participé à la tragique aventure.
Témoin et acteur de ce drame, notre camarade est né en 1924 mince, le cheveu noir, le sourcil charbonneux, au regard droit et franc, à la parole nette et directe. Très sûr de lui il est facile de lire sur son visage sa loyauté, sa sincérité, la profondeur des sentiments de cet homme d'action, de cet homme de Foi et de bonne foi.
Né le 19 mai 1924 à Oullins Rhône, il avait 16 ans et une solide formation primaire et sportive, lorsque se produisit la catastrophe de 1940. Il fut de ces jeunes qui ne perdirent pas toute espérance et pensèrent qu'à l'abri du manteau du maréchal, il y avait encore quelque chose à faire. Après avoir milité dans les rangs des Compagnons de France, il s'engage à 18 ans dans l'armée d'armistice au 405e régiment d'artillerie. Il ne devait y rester que six semaines, l'occupation de la zone libre par la Wehrmacht l'ayant chassé du fort de St-Genis Laval et renvoyé dans ses foyers.
Un mois plus tard, son frère cadet, 17 ans, est arrêté par les Allemands, interné à Montluc, puis transféré en Allemagne. Mais La Picirella avait conservé le contact avec son chef, le Cpt Fould, officier patriote, et c'est ainsi que, malgré les reproches de sa mère, il put, à la fin de janvier 1944, rejoindre le Cpt Geyer récemment promu chef militaire du Vercors, où il s'efforçait de reconstituer le Ile Régiment de Cuirassiers.
La Picirella découvre la vie du maquis : tours de garde, corvées de ravitaillement ou de cuisine, instruction, classe à pied, maniement d'armes, exercices en campagne, manœuvres de guérilla, récupération de parachutages, et aussi les alertes, fausses ou vraies, et les coups de main. La Picirella prend part au siège d'un cantonnement de gardes mobiles, à une tentative de faire déserter des Russes enrôlés dans la Wehrmacht, à l'incroyable expédition du Cpt Georges Jouneau sur Lyon pour enlever 53 tirailleurs africains prisonniers à la Doua, à l'embuscade du 10 juillet au col de Lus-Ia-Croix Haute où il est légèrement blessé, à la contre attaque sur Vassieux les 22-23 juillet. Après le décrochage, c'est le regroupement en forêt de Lente, les patrouilles meurtrières, et enfin la prise de Romans, le 22 août, où il se distingue par son courage et son sang-froid à l'attaque d'un blindé.


Après la libération de Lyon, engagé volontaire pour la durée de la guerre, il part pour la campagne des Vosges et de l'Alsace, dans les rangs de la 1ere Division Française Libre.
La croix de guerre (2 citations) puis la Médaille Militaire récompensent ce "magnifique soldat" pour reprendre les termes du Cdt Geyer la Thivollet. Simple brigadier-chef, il n'a pas fait carrière sur le martyre et la légende du Vercors.
Démobilisé en Allemagne, à la fin de l'année 1945, La Picirella rentre dans la vie civile et travaille dans une teinturerie de Villeurbanne avant d'entrer au Gaz de France. Ses loisirs, il les a consacrés à l'étude et à des activités sociales parfaitement désintéressées au sein de l'Association Rhin et Danube, chez les Anciens de la 1ere D.F.L., les Combattants Volontaires de la Résistance, à la Maison du Combattant de la Libération à Lyon.
Mais il va se passionner pour la recherche de la vérité sur le Vercors, dépensant sans compter son temps libre et ses économies. En 1961, il publie: "Mon Journal du Vercors" C'est déjà l'esquisse du présent ouvrage car déjà quelques témoignages venaient compléter son journal de marche.
Il devint mon collaborateur pour le travail que m'a confié le Comité d'Histoire de la 2e guerre mondiale. C'est ainsi qu'il a établi un fichier des victimes, qui comporte près de 800 fiches, dont la principale source est l'état civil des communes, souvent, hélas, très incomplet. Malgré son caractère encore provisoire, ce fichier permet d'avoir une idée plus précise du martyrologe du Vercors.
La Picirella n'a pas négligé les victimes allemandes. Recherches encore plus difficiles que pour les nôtres. On peut cependant conclure qu'il n'y eut qu'un petit nombre de tués allemands. Entre les 2 listes, la disproportion est saisissante. La Picirella n'a pas craint de détruire les légendes les plus tenaces. Surtout, il a eu recours à l'enquête orale et, pendant plusieurs années, il a recueilli inlassablement témoignage après témoignage parmi les anciens du maquis et de la résistance. Il n'a pas ménagé sa peine et ses forces. Il est difficile d'évaluer la somme de travail et de patience que représente cet ouvrage, chronologie minutieuse des événements qui se sont passés non seulement dans le Vercors mais dans la plus grande partie des départements de l'Isère et de la Drôme.
On y retrouvera aussi les poignants messages échangés entre le Vercors et Alger, messages que j'avais publiés voici quelques années.


Avec une. ardeur , avec une persévérance qui confine à l’entêtement, et aussi avec un sens pratique remarquable, La Picirella a sauté tous les obstacles. Le livre promis paraît. Et la tâche de l'historien sera singulièrement facilitée par cette publication. J'avoue que j’ai .été séduit par son tItre. Qui dit témoignage, dit aussi procès, c’est-à-dire matière a controverse, à contestation.
Ainsi, ce livre se termine sur un discours du général de Lattre de Tassigny à Vassieux et sur une lettre du général Koenig. Dans le discours, nous relevons cette petite phrase: "Ici on n'a pas fait de la petite guerre : on a fait la guerre".
C'est bien cela. Et c'est bien là le drame. Au Vercors on a fait une guerre dont on n'avait pas les moyens. Et l'on a refait 1940. Une petite guerre de 1940 !
Mais si l'effet matériel, si les pertes allemandes furent faibles surtout en comparaison des nôtres, l'effet moral fut considérable. Sur I'ennemi qui dans son obsession d'insécurité, voyait partout des "terroristes" et mitraillait sur son passage les buissons les plus inoffensifs. Sur les Alliés qui découvraient ainsi que l'atteste le général Koenig les possibilités d'exploitation militaire de la Résistance française.
Sur les Français eux-mêmes, de l'intérieur et de l'extérieur, qui firent de la "République du Vercors" l'exemple d'un pays se libérant lui-même.
Et par son martyre, le Vercors demeure un symbole émouvant que ne cessera d'embellir l'imagination populaire.
Ainsi que l'a chanté Louis Aragon
Roland sonne du cor
C'est le temps des héros qui renaît au Vercors

  Fernand Rude

  (1) F. Rude "Le dialogue Vercors-Alger (juin-juillet 1944)". "Revue d'histoire de la 2eme guerre mondiale" - 13eme année N° 49, janvier 1963. pp 79-110

Témoignages


... une documentation considérable. ... votre bouquin deviendra le livre de chevet de presque toute la population du Vercors. (A. VlNCENT BEAUME - ex-capitaine Sambo ou Vincent - Correspondant pour la Drôme du Comité d'Histoire de la Guerre Mondiale).
  ... Je suis en admiration pour la somme de travail que cela représente et nous avions tous besoin que l'un des nôtres se sacrifie pour cette tâche. (Robert BENNES - ex-capitaine Bob).
  ... une somme de recherches invraisemblable qui révèle un souci de vérité sans recherche d'effet commercial... il est à mon sens le premier, le seul, le plus complet, le plus rigoureux témoignage de NOTRE HISTOIRE. (Gilbert FRANCOIS - Canard - ex-maquisard du C.6).
  ... un monument de vérité dont le Vercors avait bien besoin. (J. VILLARD- ex-capitaine Adrian).
  ... Ce livre est vraiment un témoignage vivant de l'épopée "Vercors" et tous ceux qui l'on vécue, ainsi que toutes les familles des victimes lui seront reconnaissants d'avoir écrit cette page d'histoire. (Pierre BRUNET- 1er chef du 1er camp du Vercors).
  ... II permet cette vue d'ensemble indispensable à l'HISTOIRE, mène si certains ne voient là que de la "petite histoire". (Commandant Louis BOUCHIER).
  ... Votre livre sera une mine précieuse de renseignements pour les historiens. (Général DESCOUR alias Bayard ou Périmètre)
... Enfin un livre de témoignages hurlant leur vérité, auxquels on pourra se référer comme une documentation historique... quand on voudra tirer des leçons de l'épopée du Vercors, de la Résistance ou de la guerre subversive. (Colonel BOUSQUET alias Chabert - chef d'E.M. du Vercors).
  ... Je crois que, tout comme moi, ceux qui ont été touchés de près ou de loin par les événements du Vercors, reconnaîtront l'honnêteté dont vous avez fait preuve, en rassemblant ces témoignages. Cela rafraîchit bien des souvenirs et fait connaître bien des faits ignorés. (Docteur GUERIN - LA CHAPELLE EN VERCORS).
  ... Je souhaite que votre livre soit beaucoup lu et qu’il entretienne dans la mémoire de nos compatriotes, le souvenir de ces humbles héros tombés dans ces combats que beaucoup de français, hélas connaissent mal ou ignorent. (Général J. SIMON - Gouverneur Militaire de L YON).
  ... Mon admiration pour le travail considérable d'analyse que vous avez entrepris. (Général De LASSUS de ST -GENIES ex-commandant Legrand - chef départemental des f .f .1. de la Drôme).
  ... J'ai lu ton bouquin, il me plaît beaucoup, c'est la vérité. (Docteur SAMUEL alias Ravalec ou Jacques).
 

... Votre ouvrage "Témoignages sur le Vercors" retrace vraiment l'épopée du Vercors les souvenirs sont bouleversants et les récits très précis. (Louis BONTHOUX - maire de LA CHAPELLE EN VERCORS).
  ... Les événements du Vercors dont je puis me rappeler y sont relatés avec une parfaite exactitude. Cet ouvrage qui décrit dans tous ses détails les événements de la Résistance qui se sont déroulés dans notre région est très intéressant. Je ne saurais assez le recommander. (MICHEL- maire de ST-MARTIN EN VERCORS).
  . Je l'ai lu avec un intérêt soutenu et j'en apprécie particulièrement l'information rigoureuse et sans fard, qui en fait un document de première main pour l'histoire de la Résistance dans notre glorieux Vercors. (A.J. GUELPA-KIENER - Procureur de la République honoraire - maire de ST-AGNAN EN VERCORS).
  ... C'est un ouvrage bouleversant dans la rigueur de la précision historique. La multitude des témoignages souvent émouvants dans leur simplicité en font un document indispensable pour tous ceux qui ont vécu la tragédie du Vercors, qui s'y intéressent ou qui simplement aiment ce glorieux plateau. (ROUX Jacques, Instituteur maire de V ASSIEUX EN VERCORS).
  ... Votre ouvrage "Témoignages sur le Vercors" est le recueil précis, vivant, des déclarations que vous ont faites des acteurs de ce qu'on a appelé la Tragédie du Vercors, presque tous encore vivants à ce jour : Il cerne donc la vérité de près, vous citez les vivants et les morts qui ont participé à la lutte contre l'ennemi et le plus humble combattant sera flatté de trouver son nom dans votre livre qui n'est pas une simple énumération des faits mais un récit poignant qui vous prend à la gorge dès le début et ne vous lâche qu'au mot "FIN". (Benjamin MALOSSANE - ancien chef civil du Vercors et maire de SAINT JEAN EN ROY ANS).
  ... On a beaucoup écrit sur l'épopée de la Résistance, on a beaucoup dit sur "Les Combattants de l'Ombre". Mais jusqu'ici on n'avait pas connu un ouvrage aussi précis, aussi fouillé, aussi travaillé que celui-ci. (Louis BONHOMME - LE DAUPHINE LIBERE).
  ... En écrivant "TEMOIGNAGES SUR LE VERCORS" Joseph LA PICIRELLA étoffe et complète tout ce qui a été écrit sur la Résistance dans notre région. (Lucien BARROZ - L 'IMPARTIAL de la Drôme).
  ... Un récit sans prétention, sans artifice, tout de sobriété, mais qui vous empoigne terriblement. (LA TRIBUNE) Dans ce document unique ou la vérité a été reconstituée avec une rigueur pointilleuse, les familles des victimes apprendront dans quelles exactes circonstances sont morts les combattants. (LE PROGRES ST-ETIENNE).

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