Table des matières
INTRODUCTION ... 11
1. Quand l'Autriche eut été rayée de la carte ... 15
2. Les quatre cigares de Hollande sont bons ... 33
3. Le grand-père des partisans russes ... 47
4. La borne 41... 67
5. Dans les montagnes sauvages d'Albanie ... 85
6. Et les Juifs de Bulgarie furent sauvés ... 95
7. Ils ont tué le « protecteur du Reich » à Prague ... 117
8. Missions spéciales avec les paras soviétiques ... 141
9. Commando contre l'eau lourde ... 163
10. Le viaduc du Gorgopotamos ... 187
11. Opération « Safari » au Danemark ... 205
12. Abattez le bourreau de Varsovie! ... 227
13. Le secret de Peenemünde percé par des Luxembourgeois ... 243
14 Un Jésuite contre Hitler ... 265
15. La longue marche d'Alexandre en Yougoslavie ... 285
16. Ce matin là à Tutin ... 305
17. Destination Anvers ... 329
18. Michel de Roumanie, le roi résistant ... 351
19. Bain de sang à Budapest ... 379
20. L 'homme qui sauva Vienne ... 397

" Quatrième de couverture "
En 1977, Paul Dreyfus publiait Histoires extraordinaires de la Résistance,
qui ont connu un très grand succès.
Aujourd'hui, l'auteur raconte 18 histoires de résistance dans l'Europe en
guerre (Albanie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, France, Grèce,
Hongrie, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie,
U.R.S.S., Yougoslavie et Allemagne).
Au cours de ses reportages, l'auteur a rencontré soit des amis, soit les
responsables directs, soit les officiels qui participèrent aux événements
ou qui possèdent les meilleurs documents sur des actes étonnants de bravoure
et de courage durant la dernière guerre
Sommaire
En 1977, les Éditions Fayard publiaient Histoires extraordinaires de
la Résistance. Ce livre rassemblait dix-huit récits sur «la guerre de
l'ombre».
L'accueil fait à cet ouvrage, dont l'action se déroule presque exclusivement
en France, m'a poussé à étendre mon enquête à d'au!res pays. Ainsi naquit
le projet d'écrire : Histoires extraordinaires de la Résistance en Europe.
Dix-sept pays du Vieux Continent ont été occupés, partiellement ou totalement,
par les nazis : l'Albanie, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le
Danemark, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, le Luxembourg,
la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie,
l'Union soviétique et la Yougoslavie. A cette liste, il faut ajouter
l'Allemagne elle-même, qui fut la première asservie.
Dans la plupart de ces pays, trente années de reportages m'ont valu
l'irremplaçable privilège de posséder des amis et des relations. Je
leur écrivis. Pour quelques autres capitales, j'eus recours aux ambassades.
Je doutais, ce faisant, du succès de mon entreprise. Or voici que je
reçus, plus rapidement que je ne l'espérais, des réponses encourageantes.
Et qu'elles arrivèrent de partout, à la seule exception de Tirana.
Avec l'aide de ces correspondants, je commençai à réunir une documentation
qui, grossissant de semaine en semaine, devint bientôt volumineuse.
Mais, pour indispensable qu'il fût, l'apport des livres, des revues,
des journaux, des correspondances, des souvenirs, des photocopies de
documents, ne me suffisait pas. Ce sont, d'une certaine manière, des
feuilles mortes. Je voulais voir des êtres de chair et de sang. Parmi
beaucoup de doutes, mon métier de journaliste m'a procuré une certitude
: toutes les recherches dans les bibliothèques ne valent pas la rencontre
d'un homme. Je fis donc ma valise et me mis à sillonner l'Europe. Toute
l'Europe, celle de l'Est comme celle de l'Ouest. Partout, je reçus le
même accueil cordial et, je peux le dire, amical: on se mit en quatre
pour m'aider; on organisa mes séjours avec une diligente efficacité;
on ne se contenta pas de me faire rencontrer des témoins; on s'ingénia,
parfois au prix de difficiles recherches, à retrouver des survivants.
Et la chance, ici et là, joua son rôle.
Après chaque voyage, pourquoi ne l'avouerais-je pas ? Je revenais en
France avec un coeur plus fraternel: à la compassion que j'éprouvais
pour ceux qui ont souffert - atrocement parfois - durant la Seconde
Guerre mondiale, venait s'ajouter, née de nos rencontres, une véritable
affection pour leurs fils qui n'ont rien oublié.
Quand vint le moment d'écrire, une difficulté surgit: dans la masse
de documents accumulés, il fallait choisir. Comment faire autrement
? Je ne prétendais pas écrire l'histoire de la Résistance dans tous
les pays de l'Europe occupée. Je voulais narrer, pour chacun d'entre
eux, une histoire extraordinaire: c'est-à-dire une aventure individuelle
ou collective qui me paraissait particulièrement significative, ou véritablement
importante, ou spécialement passionnante, ou tout simplement inattendue.
Plus que d'autres, je sais combien une telle sélection peut être subjective.
Je l'ai faite, souvent après bien des hésitations, décidé que j'étais
à ne consacrer qu'un chapitre à chaque pays. Les deux seules exceptions
sont l'Autriche et l'Union soviétique.
Cette façon de procéder donne à ce livre l'apparence d'un puzzle: chaque
pièce est différente, par la forme comme par la couleur. Pourtant, sous
leur apparence disparate, voire décousue, et malgré leur manque de continuité
chronologique, les vingt récits que voici n'en forment qu'un seul :
c'est l'histoire des heures calamiteuses de l'Europe captive; c'est
la geste du courage et la pavane de la mort ; mais c'est aussi, en sourdine,
le chant d'espérance des peuples enchaînés. Ah! comme ils chantaient
alors à l'unisson, dans leur refus de l'asservissement ! Cette unanimité
face à la tyrannie, on la retrouve, en contrepoint, tout au long de
ce livre que j'ai écrit, je l'avoue, avec une sorte de passion.
Est-il besoin de dire que je n'ai voulu privilégier aucun pays, car
il n'existe de hiérarchie ni dans l'héroïsme ni dans le malheur; que
je n'ai de complaisance pour aucun régime, même pour la démocratie à
laquelle je suis pourtant profondément attaché; que je n'ai eu - et
que je n'ai - le désir de soutenir aucune thèse ?
Sauf une, cependant : c'est que la liberté est le plus précieux de tous
les biens. L'un des seuls pour lesquels il vaille de risquer sa vIe.
C'était vrai hier. Ce peut l'être demain...
Paul DREYFUS.
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