Henri Amouroux  et Résistance

Henri AMOUROUX

 

 

La VIE DES FRANCAIS SOUS L'OCCUPATION
(1940 - 1945)

 

 

Editions Fayard- Paris
1961 - 577 pages

Table des matières


CHAPITRE I

- Les routes de l’exode . . . . . 9
- Les Boches «arrivent ! » - Les voyages interminables --- Paris prépare son départ - Les Allemands entrent dans la Capitale - Le défilé devant l'Arc de Triomphe - Quelle est l'attitude de la population ? - L'exode gagne les départements du Centre - La cinquième colonne - Les ponts d'Orléans - Meurtre à l'hôpital d'Orsay - Le gouvernement s'installe à Bordeaux -- Les derniers coups de feu sont tirés contre les Allemands, mais aussi contre les officiers qui veulent se battre - Le Gouvernement du maréchal Pétain devant l'Armistice - Une phrase malheureuse.

CHAPITRE II,

- La France coupée en quatre . . . . . . 58
La Feldkommamdantur communique - Un otage est nommé maire provisoire - La petite vieille qui confond Allemands et Anglais - Le rôle des maires paysans - Orléans en feu, M.. Maure va chercher les pompiers parisiens - Le reflux de l'exode - La recherche des familles dispersées - Le cardinal Gerlier donne ses impressions de voyage à Paris - La reprise des communications postales - Les morts au long des routes - Le drame de la zone interdite - Les Allemands pressent le retour des Alsaciens et des Lorrains - Le village de Gandrange - Interdiction de tout ce qui est français.

CHAPITRE III.

- Ligne de démarcation : passage interdit . . . . . 81
Les lettres passent en fraude la ligne de démarcation - Les hommes également : le travail de Raoul Laporterie - La quête d'un laissez-passer - Un mariage sur la ligne - La vie quotidienne d'une gare frontière - Les différents. moyens de franchir clandestinement la ligne.

CHAPITRE IV.

- Voyages sans passeport . . . . . . 95
Passeurs : Le nom d'un métier et d'une vocation - Le docteur Petiot - Mort dans les Pyrénées - D'autres convois tragiques - Héroïsme et vénalité des guides - Le problème des chaussures - Echec au Prince Napoléon - Deux hommes sur trois échouent - Ceux qui fuient à travers l'Alsace et la Lorraine - L'admirable charité des provinces annexées - La Suisse est une île - Le départ des hommes de Sein - Perdus en mer - Quelques exploits de solitaires.

CHAPITRE V

- Le pain de chaque jour . . . . . 131
Un avis aux mangeurs de chats - La signification du mot "autarcie" - La lutte pour la reprise des importations - Le retour à la terre - Les récoltes diminuent - Goering trouve que les Français mangent trop bien - Les bureaux d'achats allemands raflent les marchandises - Les premières mesures de rationnement - Le pain noir - Qui a droit à la carte T ? Les repas du Français moyen - Les queues - Les colis familiaux font vivre Paris - Le troc.

CHAPITRE VI

- Le crémier roi . . . . 157
Une définition du marché noir - Les surprises du chemin de fer, des pianos à queue et des veaux - Maurice Sachs part en expédition - Le train des haricots - Le pouvoir d'achat du f'rançais moyen - Les restaurants de marché noir - Quels sont les bénéficiaires du marché noir ? - Comment vit le paysan français ? - Les difficultés des ouvriers - Deux Français sur dix inquiétés par les services de répression - Cent cinquante francs pour une cigarette - Les heures tragiques du ravitaillement de Paris -- Les conséquences morales et physiques du marché noir.

CHAPITRE VII

- Un jeune ménage s’installe . . . . . 185
La révolution démographique - Les mesures en faveur des mères de famille - Les fiancés montent leur ménage - L'arrivée des invités - Le métro - Les vélos-taxis - Quelques recettes de faux tabac - La mode des années de guerre - Restrictions et histoires drôles - Le triomphe du système D - Les ersatz dans la vie quotidienne.

CHAPITRE VIII.

- Les prisonniers de Juin 1940 . . . . . . 202
Combien de prisonniers ? - Dans quinze jours seront-ils libérés ? - Les camps provisoires - La faim - Dialogues des prisonniers - Comment retrouver un prisonnier ? - Lettres aux captifs - L’art du colis - Les femmes de prisonniers, face à l'absence - Pour que la moisson soit faite - Séminaristes en liberté surveillée - La Relève.

CHAPITRE IX.

- La vie quotidienne dans les prisons.. . . . . 229
Les dernières lettres de ceux qui vont mourir - Le drame de Chateaubriant - Honoré d'Estienne d'Orves en prison - Les murs parlent - La chasse aux punaises - Les menus imaginaires - La chanson d'une petite juive - La vie à Drancy - Une évasion manquée - Le train de la peur et de la mort - Mourir le jour de la Libération.

CHAPITRE X.

- L'armée de l'armistice . . . . .264
Les morts des batailles de juin - Quels sont les responsables de la défaite ? - La signature de l'armistice accueillie avec soulagement - La démobilisation - Les sergents recruteurs de l'armée nouvelle - Une fête militaire à Nimes - Quand l'Armée fait la moisson et les vendanges - L'armée chante : Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine - Le camouflage des armes - La nuit du 8 au 9 novembre 1942 - Le Maréchal refuse de quitter Vichy - 27 novembre : la France n'a plus d'armée.

CHAPITRE XI.

- Classe 40 : Des chantiers de Jeunesse au STO . . . . . 293
Un ministre confie cent mille garçons au général De La Porte du Theil - Des débuts difficiles et tumultueux - Travail dans la montagne - A mi-chemin entre le scoutisme et l’Armée - Le gouvernement du maréchal Pétain tente de rallier la jeunesse - Le temps lui est mesuré - Les débuts du travail en Allemagne - Les arguments en faveur de la Relève - Les lettres qui viennent d’Allemagne - Echec de la Relève - Les Allemands à la recherche de «matériel humain» - - Comment échapper au S. T. O. : Fonctionnaires, gardes-voies, membres de l'organisation Todt - Ceux qui partent...

CHAPITRE XII.

- La vie quotidienne au maquis . . . . . 316
Comment on rejoint le maquis - Les effectifs – L’aspect extérieur d’un camp de maquisards - Les expéditions de ravitaillement - La discipline nécessaire - A l'assaut des gares - D'où vient l’argent ? - L'attaque du train de Ia Banque de France - Le pauvre armement des maquis - Un dangereux complexe d’invulnérabilité - Le vocabulaire du maquis - Quelle action mener ? - Les règlements de comptes - La guerre civile : Un reportage sur un repaire de «terroristes» - Les représailles allemandes - La progression des sabotages - L’enterrement de Tom - La fin de l'infirmerie du Vercors - La victoire du maquis.

CHAPITRE XIII.

- Dans les villes bombardées . . . . . 349
En juillet 1940, pour de nombreux Français, la guerre continue - Les populations accueillent avec joie les avions anglais - L'imprudence cause de nombreux morts - Les pompiers moins nombreux qu'avant-guerre – A la recherche des blessés et des morts - Soigner, nourrir, vêtir, reloger... et enterrer les morts - Les difficultés de la vie quotidienne - L'exode de dix-huit heures Pendant la bataille de France - Saint-Nazaire : deux mille habitants - Une nuit dans un abri - Le drame de l'école Catherine-Graindor - La tragédie du tunnel Jenner..

CHAPITRE XIV.

- Vie et mort des juifs . . . . . 380
A Paris, en juin 1942, on arrête les non-juifs qui portent l'étoile - Mme de Brinon est exemptée du port de l'étoile jaune - Les premières mesures antijuives - Combien de juifs et où sont-ils ? - Les querelles à l’intérieur du .judaïsme - pas de juifs parmi les vendeurs de billets de Loterie Nationale - Rapt à Chateau-Lafite - 21.903 oeuvres d'art volées - Les lettres anonymes - Roméo et Juliette 1942 - Les camps de concentration - Le petit manuel à l'usage des équipes chargées des arrestations - Les rafles du Vel'-d'Hiv' - La chasse aux enfants - Les juifs persécutés écrivent au maréchal Pétain - Les Italiens protègent les juifs contre les Allemands... et contre les Français - L'histoire des juifs sépharades - 43, Quai de la Gare – Les oeuvres catholiques viennent au secours des juifs - Départ pour l'Allemagne.

CHAPITRE XV.

- Le royaume de Vichy . . . . 426
L'arrivée de Laval à Vichy - Le spectacle de Vichy en juin 1940 - La rue - Les raisons du choix de Vichy – Le Maréchal au physique et au moral - L'installation dans les hôtels - Le bridge et les bobards, distractions majeures de Vichy - La journée du Maréchal - Un repas à la table du Maréchal - Un conseil des ministres - La cérémonie des cadeaux - Une atmosphère provinciale - Les Allemands à Vichy - Les mauvais jours - La peur - L'enlèvement du Maréchal.

CHAPITRE XVI.

Pour oublier le trop triste aujourd'hui. . . . . . . 459
Les courses - Chansons, chansonniers et dessinateurs humoristiques - Les cabarets - Les théâtres rouvrent leurs portes - Cyrano de Bergerac au temps des alertes – La création du Soulier de Satin - Au feu des enchères – Quand les Français aiment l'athlétisme - La liste Otto et le marché noir des livres - L'importance accrue de la religion et le pèlerinage de Notre Dame du Grand Retour.

CHAPITRE XVII.

- La mystique du Maréchal . . . . . 482
La popularité du maréchal Pétain - Les voyages en zone libre - La prise de position de l'Eglise - Le rôle et l'action de la Légion des Combattants - La Légion lutte contre les bobards et les prophéties - L'évolution de l'opinion publique - Le régime de Vichy s'attaque aux municipalités, aux instituteurs, aux francs-maçons, aux juifs et multiplie le nombre de ses adversaires - Le procès de Riom - Les manifestations contre les restrictions sont aussi des manifestations politiques - L'Eglise prend parti contre le S. T. O.

CHAPITRE XVIII.

- Résistance et collaboration . . . . . . 524
Les Allemands contrôlent la presse : leurs consignes - Les soixante et onze consignes permanentes imposées à la presse de Vichy - Une comparaison entre Paris-Soir publié à Paris et Paris-Soir publié à Lyon - La rubrique la plus lue est celle du ravitaillement - Les débuts de la presse de la résistance - L'heure de la B. B. C. - Les manifestations silencieuses : 14 juillet, 11 novembre, 1er janvier - Les V de fa victoire anglaise et ceux de la victoire allemande - Quelques histoires drôles - Les prières de Noël - Le poids de la présence allemande - La première résistance - La vague ouvrière et communiste - Les attentistes entrent dans l'action - Les partis de la collaboration exploitent les bombardements - Combien de collaborateurs ? - La L, V. F. et la Milice - Les hommes de la guerre civile - Terreur contre terreur - La fuite des collaborateurs - Les foules d'août 1944.

BIBLIOGRAPHIE . . . . . 567



" Analyse du livre "

 

Henri AMOUROUX
Journaliste, Henri Amouroux a effectué de très nombreux reportages à travers le monde Israël, Vietnam, Indonésie, U.R.S.S., Yougoslavie, etc. et ces voyages ont fourni la matière de ses premiers livres.
Aimant voir vivre les foules plus que les ministres, les soldats (il a été correspondant de guerre à quatre reprises) autant que les généraux, c'est en se souvenant de son métier de journaliste et de grand reporter qu'il a conçu ce livre complexe, exact, triste et joyeux comme la vie, afin que chaque lecteur puisse, de page en page, retrouver avec précision les péripéties d'une existence parfois incroyable...

 

LA VIE DES FRANÇAIS SOUS L'OCCUPATION
(par Henri AMOUROUX)

Les Français ? Ils sont plus de quarante millions en juin quarante lorsque les Allemands occupent la France. Et ce livre raconte leur vie quotidienne.

Il y a trois ans, au moment d'entamer de longues recherches, Henri Amouroux s'est aperçu lorsqu'il évoquait les années d'occupation, que ceux-là mêmes qui doutaient de l'opportunité d’un tel travail étaient très vite emportés par leurs souvenirs et qu’ils multipliaient alors les anecdotes.
L'entreprise valait donc d'être tentée.
Ce que les historiens out fait pour les humbles contemporains de Jules César, de Louis XIV ou de Napoléon, pour ce peuple anonyme dont l'histoire, tout attachée aux rois et généraux, oublie souvent l'existence, Henri Amouroux l'a réalisé pour les acteurs encore vivants de l'une des périodes les plus dramatiques qui puisse s'imaginer.
En effet, la tentation était grande de se faire l'historien de ces millions d'anonymes. Pourquoi ne pas raconter non seulement les aventures sanglantes des Français sur les routes de l'exode, mais aussi leurs difficultés à se procurer leur pain quotidien, leurs ruses, leurs expéditions et leurs batailles dans les campagnes nourricières ?
Pourquoi ne pas dire les ersatz, le faux tabac, le faux café, le faux savon. les faux témoins, les divertissements d'une époque, qui n'a pas été «noire» pour tout le monde, mais aussi les souffrances des femmes des prisonniers de guerre, le martyre de tous ceux que la Gestapo traquait et attaquait ?
Pourquoi ne pas évoquer les nuits d'alerte, les lendemains de bombardements, le climat de ces villes dont les rafles, le couvre-feu dépeuplent les rues, l'écoute de la radio anglaise dans l'odeur des rutabagas, la vie des maquisards, pour qui le combat n'est qu'une brève lumière dans la suite des jours ternes et dangereux ?

Le livre d'Henri Amouroux est un livre neuf, car jamais pareil travail n'avait été mené avec autant d'application dans la recherche, autant d'aisance journalistique dans le récit.
Très différent de tous les livres qui ont paru sur les années 1940-1944, La vie des Français sous l'Occupation complète les meilleurs et se révèle d'un intérêt passionnant pour ceux et celles qui ont vécu sous l'Occupation, comme aussi pour leurs fils.

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