Table des matières
CHAPITRE I
- Les routes de l’exode . . . . . 9
- Les Boches «arrivent ! » - Les voyages interminables --- Paris prépare
son départ - Les Allemands entrent dans la Capitale - Le défilé devant
l'Arc de Triomphe - Quelle est l'attitude de la population ? - L'exode
gagne les départements du Centre - La cinquième colonne - Les ponts
d'Orléans - Meurtre à l'hôpital d'Orsay - Le gouvernement s'installe
à Bordeaux -- Les derniers coups de feu sont tirés contre les Allemands,
mais aussi contre les officiers qui veulent se battre - Le Gouvernement
du maréchal Pétain devant l'Armistice - Une phrase malheureuse.
CHAPITRE II,
-
La France coupée en quatre . . . . . . 58
La Feldkommamdantur communique - Un otage est nommé maire provisoire
- La petite vieille qui confond Allemands et Anglais - Le rôle des maires
paysans - Orléans en feu, M.. Maure va chercher les pompiers parisiens
- Le reflux de l'exode - La recherche des familles dispersées - Le cardinal
Gerlier donne ses impressions de voyage à Paris - La reprise des communications
postales - Les morts au long des routes - Le drame de la zone interdite
- Les Allemands pressent le retour des Alsaciens et des Lorrains - Le
village de Gandrange - Interdiction de tout ce qui est français.
CHAPITRE III.
-
Ligne de démarcation : passage interdit . . . . . 81
Les lettres passent en fraude la ligne de démarcation - Les hommes également
: le travail de Raoul Laporterie - La quête d'un laissez-passer - Un
mariage sur la ligne - La vie quotidienne d'une gare frontière - Les
différents. moyens de franchir clandestinement la ligne.
CHAPITRE IV.
- Voyages sans passeport . . . . . . 95
Passeurs : Le nom d'un métier et d'une vocation - Le docteur Petiot
- Mort dans les Pyrénées - D'autres convois tragiques - Héroïsme et
vénalité des guides - Le problème des chaussures - Echec au Prince Napoléon
- Deux hommes sur trois échouent - Ceux qui fuient à travers l'Alsace
et la Lorraine - L'admirable charité des provinces annexées - La Suisse
est une île - Le départ des hommes de Sein - Perdus en mer - Quelques
exploits de solitaires.
CHAPITRE V
- Le pain de chaque jour . . . . .
131
Un avis aux mangeurs de chats - La signification du mot "autarcie" -
La lutte pour la reprise des importations - Le retour à la terre - Les
récoltes diminuent - Goering trouve que les Français mangent trop bien
- Les bureaux d'achats allemands raflent les marchandises - Les premières
mesures de rationnement - Le pain noir - Qui a droit à la carte T ?
Les repas du Français moyen - Les queues - Les colis familiaux font
vivre Paris - Le troc.
CHAPITRE VI
- Le crémier roi . . . . 157
Une définition du marché noir - Les surprises du chemin de fer, des
pianos à queue et des veaux - Maurice Sachs part en expédition - Le
train des haricots - Le pouvoir d'achat du f'rançais moyen - Les restaurants
de marché noir - Quels sont les bénéficiaires du marché noir ? - Comment
vit le paysan français ? - Les difficultés des ouvriers - Deux Français
sur dix inquiétés par les services de répression - Cent cinquante francs
pour une cigarette - Les heures tragiques du ravitaillement de Paris
-- Les conséquences morales et physiques du marché noir.
CHAPITRE VII
- Un jeune ménage s’installe . . .
. . 185
La révolution démographique - Les mesures en faveur des mères de famille
- Les fiancés montent leur ménage - L'arrivée des invités - Le métro
- Les vélos-taxis - Quelques recettes de faux tabac - La mode des années
de guerre - Restrictions et histoires drôles - Le triomphe du système
D - Les ersatz dans la vie quotidienne.
CHAPITRE VIII.
- Les prisonniers de Juin 1940 . .
. . . . 202
Combien de prisonniers ? - Dans quinze jours seront-ils libérés ? -
Les camps provisoires - La faim - Dialogues des prisonniers - Comment
retrouver un prisonnier ? - Lettres aux captifs - L’art du colis - Les
femmes de prisonniers, face à l'absence - Pour que la moisson soit faite
- Séminaristes en liberté surveillée - La Relève.
CHAPITRE IX.
- La vie quotidienne dans les prisons..
. . . . 229
Les dernières lettres de ceux qui vont mourir - Le drame de Chateaubriant
- Honoré d'Estienne d'Orves en prison - Les murs parlent - La chasse
aux punaises - Les menus imaginaires - La chanson d'une petite juive
- La vie à Drancy - Une évasion manquée - Le train de la peur et de
la mort - Mourir le jour de la Libération.
CHAPITRE X.
- L'armée de l'armistice . . . . .264
Les morts des batailles de juin - Quels sont les responsables de la
défaite ? - La signature de l'armistice accueillie avec soulagement
- La démobilisation - Les sergents recruteurs de l'armée nouvelle -
Une fête militaire à Nimes - Quand l'Armée fait la moisson et les vendanges
- L'armée chante : Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine - Le camouflage
des armes - La nuit du 8 au 9 novembre 1942 - Le Maréchal refuse de
quitter Vichy - 27 novembre : la France n'a plus d'armée.
CHAPITRE XI.
- Classe 40 : Des chantiers de Jeunesse
au STO . . . . . 293
Un ministre confie cent mille garçons au général De La Porte du Theil
- Des débuts difficiles et tumultueux - Travail dans la montagne - A
mi-chemin entre le scoutisme et l’Armée - Le gouvernement du maréchal
Pétain tente de rallier la jeunesse - Le temps lui est mesuré - Les
débuts du travail en Allemagne - Les arguments en faveur de la Relève
- Les lettres qui viennent d’Allemagne - Echec de la Relève - Les Allemands
à la recherche de «matériel humain» - - Comment échapper au S. T. O.
: Fonctionnaires, gardes-voies, membres de l'organisation Todt - Ceux
qui partent...
CHAPITRE XII.
- La vie quotidienne au maquis . .
. . . 316
Comment on rejoint le maquis - Les effectifs – L’aspect extérieur d’un
camp de maquisards - Les expéditions de ravitaillement - La discipline
nécessaire - A l'assaut des gares - D'où vient l’argent ? - L'attaque
du train de Ia Banque de France - Le pauvre armement des maquis - Un
dangereux complexe d’invulnérabilité - Le vocabulaire du maquis - Quelle
action mener ? - Les règlements de comptes - La guerre civile : Un reportage
sur un repaire de «terroristes» - Les représailles allemandes - La progression
des sabotages - L’enterrement de Tom - La fin de l'infirmerie du Vercors
- La victoire du maquis.
CHAPITRE XIII.
- Dans les villes bombardées . . .
. . 349
En juillet 1940, pour de nombreux Français, la guerre continue - Les
populations accueillent avec joie les avions anglais - L'imprudence
cause de nombreux morts - Les pompiers moins nombreux qu'avant-guerre
– A la recherche des blessés et des morts - Soigner, nourrir, vêtir,
reloger... et enterrer les morts - Les difficultés de la vie quotidienne
- L'exode de dix-huit heures Pendant la bataille de France - Saint-Nazaire
: deux mille habitants - Une nuit dans un abri - Le drame de l'école
Catherine-Graindor - La tragédie du tunnel Jenner..
CHAPITRE XIV.
- Vie et mort des juifs . . . . . 380
A Paris, en juin 1942, on arrête les non-juifs qui portent l'étoile
- Mme de Brinon est exemptée du port de l'étoile jaune - Les premières
mesures antijuives - Combien de juifs et où sont-ils ? - Les querelles
à l’intérieur du .judaïsme - pas de juifs parmi les vendeurs de billets
de Loterie Nationale - Rapt à Chateau-Lafite - 21.903 oeuvres d'art
volées - Les lettres anonymes - Roméo et Juliette 1942 - Les camps de
concentration - Le petit manuel à l'usage des équipes chargées des arrestations
- Les rafles du Vel'-d'Hiv' - La chasse aux enfants - Les juifs persécutés
écrivent au maréchal Pétain - Les Italiens protègent les juifs
contre les Allemands... et contre les Français - L'histoire des juifs
sépharades - 43, Quai de la Gare – Les oeuvres catholiques viennent
au secours des juifs - Départ pour l'Allemagne.
CHAPITRE XV.
- Le royaume de Vichy . . . . 426
L'arrivée de Laval à Vichy - Le spectacle de Vichy en juin 1940 - La
rue - Les raisons du choix de Vichy – Le Maréchal au physique et au
moral - L'installation dans les hôtels - Le bridge et les bobards, distractions
majeures de Vichy - La journée du Maréchal - Un repas à la table du
Maréchal - Un conseil des ministres - La cérémonie des cadeaux - Une
atmosphère provinciale - Les Allemands à Vichy - Les mauvais jours -
La peur - L'enlèvement du Maréchal.
CHAPITRE XVI.
Pour oublier le trop triste aujourd'hui.
. . . . . . 459
Les courses - Chansons, chansonniers et dessinateurs humoristiques -
Les cabarets - Les théâtres rouvrent leurs portes - Cyrano de Bergerac
au temps des alertes – La création du Soulier de Satin - Au feu des
enchères – Quand les Français aiment l'athlétisme - La liste Otto et
le marché noir des livres - L'importance accrue de la religion et le
pèlerinage de Notre Dame du Grand Retour.
CHAPITRE XVII.
- La mystique du Maréchal . . . . .
482
La popularité du maréchal Pétain - Les voyages en zone libre - La prise
de position de l'Eglise - Le rôle et l'action de la Légion des Combattants
- La Légion lutte contre les bobards et les prophéties - L'évolution
de l'opinion publique - Le régime de Vichy s'attaque aux municipalités,
aux instituteurs, aux francs-maçons, aux juifs et multiplie le nombre
de ses adversaires - Le procès de Riom - Les manifestations contre les
restrictions sont aussi des manifestations politiques - L'Eglise prend
parti contre le S. T. O.
CHAPITRE XVIII.
- Résistance et collaboration . . .
. . . 524
Les Allemands contrôlent la presse : leurs consignes - Les soixante
et onze consignes permanentes imposées à la presse de Vichy - Une comparaison
entre Paris-Soir publié à Paris et Paris-Soir publié à Lyon - La rubrique
la plus lue est celle du ravitaillement - Les débuts de la presse de
la résistance - L'heure de la B. B. C. - Les manifestations silencieuses
: 14 juillet, 11 novembre, 1er janvier - Les V de fa victoire
anglaise et ceux de la victoire allemande - Quelques histoires drôles
- Les prières de Noël - Le poids de la présence allemande - La première
résistance - La vague ouvrière et communiste - Les attentistes entrent
dans l'action - Les partis de la collaboration exploitent les bombardements
- Combien de collaborateurs ? - La L, V. F. et la Milice - Les hommes
de la guerre civile - Terreur contre terreur - La fuite des collaborateurs
- Les foules d'août 1944.
BIBLIOGRAPHIE . . . . . 567
" Analyse du livre "
Henri AMOUROUX
Journaliste, Henri Amouroux a effectué de très nombreux
reportages à travers le monde Israël, Vietnam, Indonésie, U.R.S.S., Yougoslavie,
etc. et ces voyages ont fourni la matière de ses premiers livres.
Aimant voir vivre les foules plus que les ministres, les soldats (il a
été correspondant de guerre à quatre reprises) autant que les généraux,
c'est en se souvenant de son métier de journaliste et de grand reporter
qu'il a conçu ce livre complexe, exact, triste et joyeux comme la vie,
afin que chaque lecteur puisse, de page en page, retrouver avec précision
les péripéties d'une existence parfois incroyable...
LA VIE DES FRANÇAIS SOUS L'OCCUPATION
(par Henri AMOUROUX)
Les
Français ? Ils sont plus de quarante millions en juin quarante lorsque
les Allemands occupent la France. Et ce livre raconte leur vie quotidienne.
Il
y a trois ans, au moment d'entamer de longues recherches, Henri Amouroux
s'est aperçu lorsqu'il évoquait les années d'occupation, que ceux-là mêmes
qui doutaient de l'opportunité d’un tel travail étaient très vite emportés
par leurs souvenirs et qu’ils multipliaient alors les anecdotes.
L'entreprise valait donc d'être tentée.
Ce que les historiens out fait pour les humbles contemporains de Jules
César, de Louis XIV ou de Napoléon, pour ce peuple anonyme dont l'histoire,
tout attachée aux rois et généraux, oublie souvent l'existence, Henri
Amouroux l'a réalisé pour les acteurs encore vivants de l'une des périodes
les plus dramatiques qui puisse s'imaginer.
En effet, la tentation était grande de se faire l'historien de ces millions
d'anonymes. Pourquoi ne pas raconter non seulement les aventures sanglantes
des Français sur les routes de l'exode, mais aussi leurs difficultés à
se procurer leur pain quotidien, leurs ruses, leurs expéditions et leurs
batailles dans les campagnes nourricières ?
Pourquoi ne pas dire les ersatz, le faux tabac, le faux café, le faux
savon. les faux témoins, les divertissements d'une époque, qui n'a pas
été «noire» pour tout le monde, mais aussi les souffrances des femmes
des prisonniers de guerre, le martyre de tous ceux que la Gestapo traquait
et attaquait ?
Pourquoi ne pas évoquer les nuits d'alerte, les lendemains de bombardements,
le climat de ces villes dont les rafles, le couvre-feu dépeuplent les
rues, l'écoute de la radio anglaise dans l'odeur des rutabagas, la vie
des maquisards, pour qui le combat n'est qu'une brève lumière dans la
suite des jours ternes et dangereux ?
Le
livre d'Henri Amouroux est un livre neuf, car jamais pareil travail n'avait
été mené avec autant d'application dans la recherche, autant d'aisance
journalistique dans le récit.
Très différent de tous les livres qui ont paru sur les années 1940-1944,
La vie des Français sous l'Occupation complète les meilleurs et
se révèle d'un intérêt passionnant pour ceux et celles qui ont vécu sous
l'Occupation, comme aussi pour leurs fils.
