" Table des matières "
AVERTISSEMENT . . . . . . . . 7
I. UN MONDE À PART. . . . . . . . 9
Le premier contact. - Organigrammes et papier pelure. - Presse et propagande.
- Le petit lexique des résistants. - Sécurité : la règle et l'exception.
- Faux et usage de faux. - Le rail et la route.
II. ...ET DE TOUT POUR FAIRE UN MONDE. . . . . . . . . 63
D'abord les travailleurs, la gauche. - Des bourgeois, petits et grands.
- Les femmes dans la Résistance. - L'intelligentsia. - «Malgré eux». -
Prisonniers de guerre évadés ou rapatriés. Ceux qui croyaient... - Les
sauveteurs et les combattants. - «On les nommait des étrangers»
III. VIVRE AVEC L'ENNEMI . . . . . . . . 95
Gestapo, Abwehr, O. V.R.A... - ... et des Français. - Prisons. - Procès.
- Quand le gibier devient chasseur. - Avoir le dernier mot. - L'arme psychologique.
IV. LES « LÉGAUX » . . . . . . . . 134
La base même de la Résistance. - Opération aérienne. - Les passeurs. -
Groupes professionnels. - Les maquis « arrière ». - Les femmes des «légaux».
- Les combattants du rail. - La poste et la mairie. - Avocats et médecins.
- Les imprimeurs de la Résistance. - Les fonctionnaires « napés ». - Les
«bons gendarmes»... - ... et les bons flics. - De l'échantillon au Messerschmitt
109. - Stosskopf à Lorient.
V. … ET LES CLANDESTINS . . . . . . . . 177
Le nerf de la guerre. - Le logement. - L'ère des organisateurs. - Les
hommes de terrain.
VI. CES FOUS QUI VIVAIENT DANS LES BOIS. . . . . . . . 211
Du bon usage du maquis. - 24 heures de la vie d'un maquisard. - Et la
discipline? - Quand l'intendance suivait. - De la poudre et des balles.
- L'embrasement final.

AVERTISSEMENT
Lorsque j'ai entrepris d'évoquer La Vie quotidienne des résistants.
je me suis trouvé confronté à un problème qui s'était déjà posé à propos
d'autres ouvrages, en particulier l'Histoire de la Résistance en France,
et la Vie quotidienne au temps du Front populaire.
Il s'agissait alors - et il s'agit ici encore - de mettre en oeuvre des
matériaux historiques patiemment accumulés, afin de tenter de faire revivre
chaque fois, aussi objectivement qu'il est humainement possible de le
faire, un épisode de notre histoire contemporaine.
Mais il se trouvait - et il se trouve encore - que ces épisodes avaient
correspondu à des aventures collectives et à des combats que j'ai vécus
intensément et dans lesquels je me suis engagé totalement, passionnément.
Après avoir pesé le «recul historique», mon propre témoignage. Il en sera
de même aujourd'hui, pour les mêmes raisons.
Que le lecteur se rassure : ce livre ne se limitera pas, au mépris de
son titre, au seul récit de ce que fut «ma» vie quotidienne - la vie d'un
résistant parmi d'autres - pendant l'occupation. Ce n'est, en aucune façon,
un livre de souvenirs, même si des souvenirs personnels sont venus tout
naturellement sous ma plume chaque fois qu'ils pouvaient compléter, éclairer,
ou simplement, illustrer mon propos.
Ce propos, je mesure pleinement à quel point il est ambitieux puisqu'il
consiste, après tant d'années, à dire, sous le contrôle de ceux qui ont
survécu, ce que fut la vie menée jour après jour par ces femmes et ces
hommes qui ont été mes camarades et dont j'ai partagé les espoirs et les
joies, mais aussi les colères, les angoisses et les deuils.
Dire en quoi cette vie fut semblable à celle des autres Français et surtout
en quoi elle fut différente.
" Quatrième de couverture "
Henri Noguères
Sous l'occupation, Henri Noguères participe à la reconstitution
clandestine du parti socialiste, devient chef régional de Franc-Tireur
pour la région R.3 (Montpellier), membre du directoire régional des M.U.R.-M.L.N.,
chef des groupes francs de la Délégation militaire régionale.
Journaliste, il est également président de la Ligue des droits de l'homme.
Historien, il est notamment l'auteur d'une monumentale "Histoire de la
Résistance en France" et de "La vie quotidienne en France au temps du
Front populaire".
La vie quotidienne des résistants de l'armistice à la Libération
C'est en témoin et en chroniqueur qu'Henri Noguères décrit ce que fut
la vie quotidienne des résistants.
Il montre l'extraordinaire diversité d'opinions, de croyances, d'origines
sociales des légaux comme des clandestins. Combattants du rail ou imprimeurs,
fonctionnaires "napés" ou "bons gendarmes", avocats, médecins, devenant
pour les besoins de la cause passeurs, dynamiteurs, espions, tout un
monde à part menant une double vie dans une société française d'abord
figée dans la défaite.
Henri Noguères fait aussi revivre la transformation qui va s'accomplir
au fil des mois. Le gibier, de plus en plus, se fera chasseur : les
clandestins, les maquisards, "ces fous qui vivaient dans les bois",
ne vont plus se contenter d'actions symboliques, ils vont harceler l'ennemi,
l'attaquer souvent sur son terrain.
En abordant de la sorte la Résistance, Henri Noguères apporte une contribution
importante aux études récentes sur cette période de l'histoire de France.
Il en scrute la légende pour lui rendre sa véritable grandeur.
|